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Bancs d'Essais

INFRAPLANAR (compte rendu anecdotique)

Lionel Schmitt Par Lionel Schmitt
15 septembre 2023
Temps de lecture : 7 minutes

INFRAPLANAR

Panneau isodynamique de grave et d’extrême-grave
Dimensions : 1.30 m * 1.30 m

Infraplanar

Type d’aimantsFERRITE
Champ magnétique dans les 36 entrefers (de 80cm chacun).0,19 Tesla
Longueur totale d’entrefers constituant le circuit magnétique29 mètres
Efficacité moyenne89,5 dB/W/m
Résistance du conducteur en courant continu (Re)4 Ohms
Impédance (Z)5 Ohms
Puissance admissible permanente400W
Puissance minimale d’amplificateur recommandée pour une écoute réaliste40 W
Fréquence de résonance: Fs10 Hz
Fréquence max d’utilisation (voire plus…)400 Hz
Distorsions D2 à D6 pour 98dB à 1m (voir courbes plus haut)Inférieures à 1%
BL (facteur de force)11,3
Surface émissive totale1 m²
Nombre de couches de fil conducteur (Aluminium)2
Longueur totale du fil conducteur aluminium62 m
Masse surfacique0,0376 g/cm²
Déplacement crête à crête en mode linéaire20mm
Déplacement limite crête à crête (talonnement membrane)22mm
Énergie magnétique du moteur plan38,7 Ws
Volume d’air crête à crête maximum déplacé8 litres
Poids du circuit magnétique55 kg
Poids des aimants seuls25 kg
Poids en ordre de marche90 kg environ

 

J’ai récemment rendu visite à Claude Lacroix, concepteur du panneau d’extrême grave Infraplanar ) pour une écoute de son installation.
M. Lacroix est également mélomane et organiste amateur ; son système est installé dans une pièce mansardée, assez vaste sans être immense, au volume irrégulier (70 m3) certainement favorable sur le plan acoustique.
Le panneau Infraplanar lui-même fait 1,3 m de côté et est bien moins imposant que je ne l’imaginais d’après les photos. Son aspect est soigné et agréable et sa finition, sans être particulièrement léchée, est tout à fait satisfaisante.

La source est un gros lecteur Kenwood L-03DP, une machine âgée de 25 ans et lourde d’une quinzaine de kilos, particulièrement robuste et ma foi, comme j’ai pu m’en rendre compte, d’une musicalité séduisante ; suivent un préampli ligne ‘C. Lacroix made’ à alimentation séparée et sorties symétriques sur transformateurs, un filtre actif deux voies coupant le signal à 100 à Hz sous 18 dB/octave et trois amplificateurs monophoniques également ‘C. Lacroix made’ , basés sur un schéma Elektor à triple push-pull de MosFet en sortie pour fournir quelque 200 W sur 8 ohms.
L’un de ces amplis alimente l’Infraplanar en sommation des voies droite et gauche, à travers deux impressionnantes capacités de 4700 µF sous 160 V pour le protéger d’une éventuelle dérive en continu ; chacun des deux autres alimente un panneau Magneplanar 2.7 QR, déchargés donc de tout signal inférieur à 100 Hz.
Tous les branchements entre les électroniques sont effectués en symétrique en raison des longueurs de câblage (au moins une dizaine de mètres jusqu’à l’ampli de la voie gauche, placé à proximité immédiate du panneau dont il est chargé). Les câbles haut-parleurs sont des « tuyaux d’arrosage » à l’origine prévus pour un tout autre usage et dont le prix n’est en rien comparable à celui des câbleries hifi habituelles : ils coûtent beaucoup moins cher et n’ont rien d’ésotérique.


ECOUTE

Nous avons écouté de nombreux extraits de CD que je connaissais (Improvisando, Paolo Pandolfo et alii, Glossa ; K.F. Abel, Mr Abel’s fine airs, Susanne Heinrich, basse de viole, Hypèrion ; L’orgue Dom Bedos de Sainte-Croix de Bordeaux, Gustav Leonhardt, Alpha), d’autres pas (Messiaen, Apparition de l’Eglise éternelle, P. Cochereau, N.D. de Paris, rééd. Philips ; bande-son du film ‘Himalaya’ ; Rachmaninoff, Etudes- tableaux, Marlena Maciejkowicz, Ars Musici ; Rachmaninoff, Symphonie n°1, Eugène Ormandy….). C. Lacroix n’a pas à craindre de gêner ses voisins et a la main très lourde sur le potentiomètre de volume.

La démonstration s’est donc déroulée à un niveau très inhabituel pour moi et même parfois déraisonnable ; une viole solo n’a tout de même pas le volume sonore d’un pupitre complet de violoncelles d’orchestre ! Mais une chose est certaine, je n’avais jamais entendu auparavant une reproduction aussi profonde, aussi transparente et aussi convaincante de l’extrême-grave.

L’orgue de Notre-Dame, dont par ailleurs je ne suis pas inconditionnel, est restitué avec une majesté, un volume acoustique, une aisance proprement extraordinaires ; même sur le tutti final, ô combien chargé (Messiaen), aucune dureté ; au contraire, une netteté sans égal des jeux de pédale (Principal et Contre-bombarde de 32 pieds) jusqu’au tréfond de l’infra-grave, surtout compte tenu de l’acoustique ingrate de la cathédrale.
Le Dom Bedos / Quoirin de Bordeaux nous gratifie d’un Grand Plein-Jeu d’une majesté, d’une grandeur, d’une gravitas impressionnantes ; le volume de la nef, les résonances du buffet, perceptibles sur certains accords, sont rendues là encore avec une netteté vraiment exceptionnelles. Pour avoir mieux, je vous recommande de vous déplacer à Bordeaux…

L’extrait d’Himalaya comporte diverses percussions, dont un très grand tambour ; à nouveau, la restitution est impressionnante et les bras du fauteuil dans lequel je suis confortablement assis vibrent sourdement au rythme des mailloches qui s’abattent sur la peau (d’après une mesure effectuée avec le logiciel CoolEdit, la fondamentale est à… 18 Hz).
Un enregistrement de chœur a capella effectué à Paris permet d’entendre très nettement à certains moments un grondement extrêmement sourd : le passage du métro (ce qui n’est pas nécessairement un avantage !).
Le piano de Rachmaninoff est rendu avec une présence remarquable. Il n’est pas pas, comme si souvent, émasculé, réduit à une table d’harmonie privée de caisse ; c’est au contraire un grand instrument aux résonances profondes, d’une lisibilité remarquable jusqu’au bas du clavier, percussif sans dureté, équilibré. Superbe.

Il ne faut évidemment pas s’arrêter à cet aspect ‘grand spectacle’, qui n’est pas essentiel. Ce qui l’est en revanche, c’est que ce panneau est musicalement d’une complète transparence : autrement dit, sa présence n’est pas perceptible comme un ajout au message sonore, mais comme un extension organiquement intégrée à ce message. Aucun son de boite, aucune congestion, aucune lourdeur ; au contraire, une sensation de respiration, d’espace, vraiment saisissante, et une aisance dynamique apparemment inépuisable.
Peut-être la nature isodynamique des Magneplanar et de l’Infraplanar est-elle en partie responsable de cette fusion remarquable, mais M. Lacroix affirme que son panneau fonctionne parfaitement avec des enceintes électro-dynamiques classiques, comme les Rogers LS3/5a ou de grosses JBL, ces dernières pourtant déjà sérieusement dotées dans le grave. Je n’ai aucune raison d’en douter.
L’unique léger reproche que je ferais à cette écoute ne concerne pas l’Infraplanar et est probablement assez aisée à surmonter : un certain manque de focalisation de l’image stéréophonique, vaste et profonde, agréable mais assez peu précise m’a-t-il semblé.

Qu’ajouter à propos de ce panneau ? Des évidences : pour qui dispose d’une pièce suffisamment vaste permettant de le placer correctement et de passer les fréquences les plus basses, c’est probablement la meilleure solution possible pour une restitution véritablement large bande, sous un volume et avec une aisance de mise en œuvre bien plus favorables qu’un caisson classique.
Son rendement étant des plus convenables (env. 92 dB/W), un amplificateur « raisonnable » est tout à fait envisageable pour l’alimenter ; au cours de notre écoute, effectuée pourtant comme je l’ai signalé à des niveaux sonores vraiment élevés, le crête-mètre n’a pratiquement jamais atteint 50 W sur la voie d’extrême-grave (par contre, sur les 2.7QR, les crêtes les plus intenses étaient de 250 W…).

C. Lacroix prétend que son panneau peut fonctionner dans une pièce de dimensions modérées ; il n’empêche que la plus grande dimension de cette pièce détermine en principe la plus grande longueur d’onde qui peut s’y développer. Selon lui l’Infraplanar peut donner des résultats surprenants dans une surface aussi modeste que 20 m2 ; peut-être, mais je crois tout de même qu’il vaut mieux une pièce un peu plus grande.

Quoiqu’il en soit, je pense vraiment que c’est une solution d’un très grand intérêt, bien plus efficace et musicale que ces monstrueux caissons de 500 litres si prisés de certains audiophiles. Cet Infraplanar doit absolument être envisagé par qui songe à compléter son installation dans l’extrême grave ; pour moi, il constitue et de loin la meilleure réponse au grave problème de la reproduction des fréquences les plus basses.

Je profite de ce compte rendu pour remercier M. et Mme Lacroix de leur accueil et des très agréables moments passés en leur compagnie.

(2010)

 

C. Anonyme
 

 

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Transparence
Cette « fameuse » notion de transparence s’oppose à celle d’un voile qui ne permettrait pas de distinguer d’infimes subtilités ou détails. Un système audio ou un produit audio est qualifié de transparent lorsqu’il laisse passer un grand nombre de détails et de nuances, sans forme d’opacité d’aucune sorte.
Symétrique
Un schéma (audio) est réputé symétrique lorsqu’il est composé de 3 conducteurs : le point chaud (+), le point froid (-), et la masse. Le + et le - sont de phases opposées, de façon à pouvoir transiter sans bruit à travers un long câble. L`intérêt du système, sous condition que tous les éléments de la chaîne soient symétriques (source, électroniques, câbles ) : toutes les perturbations captées par le câble (qui est une antenne en soi), sont captées de manière identique par les 2 conducteurs de signal (point chaud et point froid) puisqu`ils sont identiques et positionnés de manière identique par rapport au blindage (d`où le terme "symétrique"). Par ailleurs, l`étage d`entrée du maillon qui reçoit ce signal peut très facilement supprimer ces signaux parasites car il fonctionne en mode différentiel : il soustrait le signal du point froid au signal du point chaud, et ainsi les parasites s`annulent. Il faut enfin relever que la ‘’symétrie’’ n`a aucun autre effet que la protection du signal face aux interférences extérieures, elle ne change rien aux caractéristiques de bande passante, à la réponse impulsionnelle, etc ...
Rendement
A proprement parler, le rendement s`exprime en pourcentage : c`est le rapport entre la puissance électrique apportée au système et la puissance acoustique restituée. Les valeurs sont toujours très faibles (mais suffisantes en pratique) , variant entre 0,3% et 5% au maximum ( le reste se dissipe en chaleur). Cependant, ces chiffres sont peu parlants, et dans l`immense majorité de la littérature hifi le rendement d`un HP est utilisé comme synonyme de sensibilité. ... Il est donc souvent exprimé en dB / 2.83V / 1m, expression de la sensibilité. En pratique, il est tout à fait équivalent de parler d`une enceinte "à haut rendement" ou "de haute sensibilité". Un haut-parleur à haut rendement aura évidemment une grande sensibilité.
Linéaire
Un système ou un produit audio réputé linéaire (ou droit) ne laisse pas la musique déborder ou mettre en avant tel ou tel registre.
Lisibilité
Chaque note de musique est décortiquée, avec une forme de détourage qui permet à l’auditeur de bien cerner le contour de l’instrument, du groupe d’instruments, ou des voix.
Dynamique
Etendue des valeurs d`amplitude utile d`un signal. En d’autres termes, les valeurs les plus faibles sont au-dessus du niveau de bruit, et les plus fortes en limite d`écrêtage, qu`il soit électronique ou acoustique. On l`exprime généralement par le rapport S/B en décibels (dB).
Dureté
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