Écoute et impressions :
Les tests d’écoutes ont été effectués à domicile avec les éléments suivants :
• Préamplificateur YBA Classic 3 Delta & bloc de puissance YBA 3 Delta / double transformateur 2 x 400 VA
• Amplificateur intégré à tubes LUXMAN SQ-N150
• Dac MOON 280D MinD V2
• Enceintes acoustiques PE LEON Kantor & RECITAL AUDIO Mutine
• Casque d’écoute AUDIO-TECHNICA ATH-A2000Z & SENNHEISER HD-430
• Câbles de modulation YBA Glass, ESPRIT Beta 8G, ESPRIT Aura
• Câble numérique ESPRIT Eterna
• Câbles HP YBA Diamond
Complément d’informations – mise en œuvre
Pour être précis sur la partie conversion numérique / analogique, cette source accepte les formats PCM de 16 à 24 bits – 32 / 44.1 / 48 / 88.2 / 96 / 176.4 / 192 kHz et DSD 2,8 MHz sur les entrées coaxiale et optique.
Le port USB-C étend les possibilités aux formats PCM 16, 24, 32 bits – 44.1 / 48 / 88.2 / 96 / 176.4 / 192 / 352.8 / 384 kHz. Il prend en charge les formats DSD 2.8 / 5.6 / 11.2 / 22.5 MHz et est totalement compatible MQA.
Bien que ce lecteur puisse être utilisé en qualité de Dac, les séances d’écoutes ont été principalement été réalisées en mode « lecteur CD intégré ». Il n’a pas été fait usage de l’horloge externe optionnelle CG-10M-X. Cependant, le VRDS-701 a été exploité en mode simple « transport » relié au Dac MOON 280D MinD V2. Nous verrons un peu plus loin si cet « upgrade » amène une plus-value significative.
Nature des timbres
Registre aigu
• Vivaldi and Friends ~ Jeannette Sorrell
Oh !, il n’y a pas besoin d’être un grand expert de « l’audiophilie » pour reconnaître l’emprunte musicale TEAC. Dès les premières secondes, ce lecteur délivre une philosophie musicale assez « monolithique ».
Cela ne signifie pas pour autant que les fréquences aigües soient écourtées. Les hautes fréquences sont plutôt avenantes, en ce sens qu’elles allient une sonorité à la fois douce et suffisamment aiguisée pour mettre en valeur les sections de violons que l’on trouve sur ces différentes pages classiques sous la direction de Jeannette Sorell.
En revanche, la présentation que je qualifiais ci-avant de monolithique ne permet pas toujours de distinguer de prime abord le clavecin, qui pourtant affiche une présence non dissimulée avec d’autres sources numériques.
On se réjouira toutefois de retrouver la sonorité boisée des altos, violoncelles et contrebasses. Je ne critiquerais pas le grain de ces instruments, bien présent, mais pas le meilleur dans cette catégorie de produits.
Par ailleurs, le moins que l’on puisse dire est que la restitution est loin d’être « clinique », ce qui constitue finalement une qualité. Globalement, la définition d’ensemble est plutôt bonne. L’extinction des sons en fin de phrase dénote une faculté à « cultiver » les harmoniques avec un excellent sens du réalisme.
Dans la même veine, le détourage des instruments n’accuse aucun flou. Chaque instrument soliste, hormis ici le clavecin, offre un dessin minutieusement sculpté au sein de ces fresques musicales.
Registre médium – fluidité – transparence
• Naim CD test Sampler N°6
Ce CD signé NAIM offre un panorama étendu de styles musicaux permettant de juger les performances dans des zones de fréquences allant de 600 Hertz à environ 5000 Hertz.
Le caractère bien « trempé » de cette source numérique est établi. On peut se réjouir notamment de cette belle « assiduité » du jeu de guitare d’Antonio Forcione sur Tears of Joy.
Sur ce thème et d’autres, je ne peux que constater que la reproduction est cohérente entre les fréquences les plus élevées et les fréquences intermédiaires, sans pour autant les projeter en avant. Pas de creux, ni de bosses n’ont été relevées. Par ailleurs, la musique s’écoule avec grâce, sans accroc, laissant une large part à la fluidité. Ainsi, la musique prend des tournures réalistes qui accréditent son sens de l’harmonie.
• Quiet Nights ~ Diana Krall
Loin de se contenter des « fondamentaux », ce lecteur met bien en perspective les vocaux. Qu’il s’agisse des chœurs ou des interprétations solistes telles que celles de Diana Krall, nous pouvons nous réjouir de la belle « tenue » obtenue notamment sur l’album Quiet Nights.
Le caractère proche de l’analogique donne une excellente perspective de la pureté, la texture charnelle et chaleureuse de la voix de l’artiste. La diction est articulée, les reprises de souffle audibles. Nous ne pourrons pas passer à côté de l’éloquence, du phrasé et de cette texture suave qui n’échapperont pas aux aficionados du genre.
Le VRDS-701 s’applique à répartir harmonieusement les fréquences, leur intensité, sans privilégier l’une ou l’autre. Aussi, nous ne sommes pas surpris d’avoir une bonne « vision » de la petite orchestration qui accompagne Diana Krall. Sans parler de transparence cristalline, on détecte assez aisément les multiples nuances de chaque instrument qui sévit au sein de cette formation orchestrale, pour le moins « douillette ». Les frets de guitare acoustique, le frottement du ballet sur la caisse claire, les petits coups sur la cymbale sont clairement reproduits fournissant une sonorité riche en informations. Les notes de piano s’égrènent avec un magnifique délié qui rend la prestation réellement agréable.
Registre grave
• Meedle ~ PinkFloyd

Le registre grave est loin d’être déficient. Cependant, il n’atteint pas forcément les « valeurs » subjectives obtenues avec d’autres lecteurs CD; je pense notamment au modèle YBA Heritage CD 200 – des références en la matière.
Nonobstant cette remarque préliminaire, les fréquences basses sont, tout bien considéré, plus qu’acceptables. Je trouve toutefois que le bas du spectre atteint une profondeur légèrement atténuée. Celle-ci se remarque sur l’Ouverture de Ainsi parlait Zarathoustra – Richard Strauss – Direction : Lorin Maazel et plus précisément sur la note d’orgue qui manque de profondeur.
Sur la musique de Pink Floyd, ça se passe mieux surtout lorsque la guitare basse de Roger Waters « bombe le torse » sur One of These Days. Nous ne pourrons déjà pas critiquer la lisibilité et le répondant caractérisés. L’expression est vive et la reproduction s’effectue avec une agilité remarquable. Pas de forme boulimique : ce lecteur s’applique à reproduire les fréquences graves de façon pleine et dense.
La grosse caisse se manifeste par une sonorité ferme, pleine et l’impact du marteau sur la peau de la percussion se traduit par une « percussion » palpable. La stabilité ne fait nullement défaut lors des vibrations émises au niveau du bas médium / haut grave.
Espace et scène sonores
• Stéréo Concert Series ~ Decca Phase 4
Bien que l’album Naim CD test Sampler N°6 nous donne déjà un bon éclairage sur les dimensions de l’espace sonore, ce coffret Stéréo Concert Séries édité chez Decca conforte dans l’idée que ce lecteur CD n’est pas du tout restrictif sur l’ampleur de la scène sonore.
Les grandes orchestrations telles que la Toccatta & Fugue en Ré Mineur de Jean-Sébastien Bach transcrite par Léopold Stokowski ainsi que La Boutique Fantasque signée Rossini et Respighi confirment une présentation holographique de la « mise en scène » sonore. En outre, l’étagement des plans est bien « structuré ». Sur ces prises de sons irréprochables, nous distinguons aisément les groupes d’instruments de premier plan de ceux de second plan. Il en résulte un message musical bien contrasté. Ce lecteur ne trahit pas le positionnement de chaque groupe d’instruments déterminé lors des séances d’enregistrement, incluant les intervenants solistes.
Comme ce lecteur privilégie également l’aération du message sonore, les solistes ne sont pas noyés dans la masse orchestrale, et semblent même s’en détacher.
Preuve que la notion de confinement a été écartée du cahier des charges, la montée en puissance de l’orchestration s’effectue sans limite apparente et subjective, laissant libre cours à « l’embellissement » du volume sonore.
Capacités de réaction – dynamique – rigueur
• Yehudi Menuhin & Stéphane Grappelli plays Gershwin
Le VRDS-701 s’inscrit dans le peloton de tête des sources numériques qui réagissent au quart de tour. Sur les passages rapides, les coups d’archets de Yehudi Menuhin et de Stéphane Grappelli « filent droit ».
Cette remarquable franchise d’exécution correspond bien à certaines compositions de Gershwin que les deux violonistes « manient » avec un plaisir que l’on ressent parfaitement. Pas besoin de grosse batterie, de basse et de guitare électrique pour comprendre que ce TEAC nouvelle génération est loin de retranscrire une musique molle, à la limite monotone. C’est donc tout le contraire qui se produit. Si la parole est aux violons, la rythmique si légère soit-elle, indique le chemin d’une reproduction enjouée, sans faux-semblants. Les capacités dynamiques sont reconnues et sont dans la lignée de celles évoquées lors du banc d’essai consacré ICI à l’amplificateur AX-505.
C’est en fait sur ce genre de petite formation orchestrale, que l’on est davantage attentif sur la rigueur d’un appareil audio. Sur ce point, il est vrai que le VRDS-701 ne décevra pas. Nous décelons immédiatement l’agilité avec laquelle les musiciens s’appliquent à rendre la musique vivante. J’y inclus naturellement la contrebasse dont le suivi mélodique est irréprochable. De nature vigoureuse, ce lecteur plein de ressources affiche un brio qui le place en pole position des lecteurs numériques de sa catégorie.
Sens de l’expression – plaisir d’écoute
• Dance into Eternity ~ Omar Faruk Tekbilek
Loin de moi de penser que ce lecteur CD n’ait pas un sens poussé de l’expression. Les paragraphes précédents démontrent de belles qualités audio sur un grand nombre de critères subjectifs et objectifs.
L’écoute de l’album Dance into Eternity désigne un plaisir de l’écoute en parfait osmose avec le répertoire de Omar Faruk Tekbilek. Le VRDS-701 pousse suffisamment la résolution pour susciter l’exaltation. A titre personnel, j’ai retrouvé la texture pétillante des percussions et plus précisément celle du grelot et du carillon. La sonorité fruitée du oud et le grain qui en découlent me vont d’autant bien, que cette sonorité boisée m’est apparue d’une belle authenticité. On appréciera aussi le jeu du musicien et plus particulièrement le « détachement » de chaque corde et la manière dont il fait chanter son instrument.
Le jeu de flûte, quant à lui, n’est peut-être pas synonyme de la bouffée d’oxygène tant attendue. Les petites nuances qui, habituellement, apportent ce petit frisson de plaisir ne sont pas aussi « prononcées » en comparaison avec d’autres lecteurs CD. C’est un peu dommage, car le VRDS-701 a toutes les prédispositions pour rendre l’écoute la plus émotionnelle possible.
• Les Égarés ~ Ballaké Sissoko, Vincent Segal, Emile Parisien, Vincent Peirani

Le mécanisme VRDS associé à une carte de conversion élaborée et un étage de sortie sainement conçu ne laisseront pas un audiophile insensible au charme du répertoire de Ballaké Sissoko, Vincent Segal, Emile Parisien, et Vincent Peirani.
La prise de son « top niveau » ainsi que l’originalité des interprétations ne sont jamais « obérées ». Cette source numérique extrait la fine substance de ce savant cocktail de cultures musicales issues d’airs populaires, mélodies traditionnelles d’Afrique ou d’Europe de l’Est et Jazz contemporain.
On se laissera bercer par les mélodies de Esperanza, Izao et La Chanson de Égarés. J’étais heureux de redécouvrir la sonorité si typique de la kora (instrument à cordes Malien constitué d’une volumineuse demi-calebasse en guise de caisse de résonance et de 21 cordes). Sa texture boisée, et l’égrènement des notes donnent déjà un aperçu sur la « fidélité » avec laquelle l’appareil traite le signal sonore. La musique affiche une belle limpidité d’ensemble également relevée sur le jeu de clarinette, la contrebasse et le fredonnement de quelques notes d’accordéon.
La distance entre les musiciens et l’auditeur est réduite au strict minimum. Ainsi, les sensations émotionnelles obtenues démontrent un produit sainement réalisé.
Sortie casque
Comme tout bon produit Japonais « grand public » qui se respecte, le VRDS-701 est pourvu d’une sortie casque en façade. TEAC a même fait l’effort d’opter pour un connecteur jack 6,35. Cette sortie casque est reliée à la section pré-amplificatrice de l’appareil. Elle bénéficie, à ce titre, du réglage de volume décrit ci-avant implanté en face avant, également disponible sur la télécommande. La version « transport » VRDS-701T voit, bien entendu, sa face avant dépourvue de cette prise et de son réglage.
La sortie casque délivre une puissance de 2 x 500 mW sous 32 Ω, qui conviennent à la plupart des casques de basse à moyenne impédance.
Sur le plan musical, ne nous mentons pas, TEAC ne révolutionne pas le monde de l’écoute en « vase clos ». De là à dire, qu’elle est anecdotique, il y a un tout de même un pas. La sonorité est, dans les grandes lignes, assez semblable à celle décrites dans les paragraphes précédent. Le casque AUDIO-TECHNICA ATH-A2000Z est un partenaire à ne pas négliger, même si d’autres modèles peuvent aussi très bien convenir.
L’écoute est relativement dépourvue de pression sur les oreilles. L’équilibre tonal est respecté. Aucun fréquence n’est mise en avant. La spatialisation est « honnête » et l’impression d’aération et de liberté de manœuvre est validée. En revanche, la focalisation sur les canaux gauche et droit est à mon sens trop prononcée, laissant un milieu de la scène sonore un peu creux ou vide d’informations.
A noter que si l’on prend par exemple l’option STAX SRS-X1000 (banc d’essai ICI), l’écart qualitatif sera tout aussi significatif que l’écart budgétaire.
Essais complémentaires en mode simple drive

Le VRDS-701 peut aussi être exploiter en simple Drive en le connectant directement sur un convertisseur N/A. TEAC propose même une version Transport dépourvue de carte de conversion et d’étage de sortie analogique : VRSD-701T.
Pour effectuer cette mission, dans ce dernier volet d’écoute, c’est le Dac MOON 280D MinD V2 qui a servi de partenaire. Tout « sophistiqué » soit ce TEAC dans sa configuration intégrée, les performances obtenues avec le Dac MOON amènent une plus-value notoire.
Sur la majeure partie des critères d’évaluation habituels, on se place un cran au-dessus. La présentation monolithique qui m’avait frappé de prime abord, a totalement disparue.
Ensuite, la qualité des timbres médium / aigus est différente. La reproduction, plus riche, plus fruitée doublée d’un gain en transparence est une évidence. Le grain des violons, altos, violoncelles et clavecin est affiné. Le grave descend d’une octave sans pour autant être artificiellement gonflé ou omniprésent.
Si la scène sonore semble être un peu plus étoffée, l’étagement des plans et les reliefs sont plus marqués.
Enfin, dans la globalité, le plaisir d’écoute est largement accru. Il s’explique notamment par une sensation de réalisme plus affirmée. L’approche « communication avec l’auditeur » est probante. Tout cela montre que le mécanisme de lecture joue un rôle déterminant qui doit être pris en compte au moment du choix et de l’arbitrage entre la version intégrée et la version simple Transport.

Conclusion :
A l’heure où le lecteur CD n’est plus réellement sur la vague montante, TEAC ne s’est pas résolu à abandonner ce maillon, oh combien précieux pour les possesseurs d’une collection substantielle. Avec le VRDS-701, le constructeur nous a concocté une bien belle et bonne machine. Cependant, il est regrettable que la lecture SACD n’ait pas été prévue au programme.
Par ailleurs, à ce prix, voir à un prix inférieur, ce lecteur trouvera sur son chemin des concurrents, eux aussi bien armés, pour exploiter divinement les CD. Heureusement, TEAC a pensé à tout : si vous possédez déjà un très bon Dac, il sera possible de vous limiter à la version Drive VRDS-701T, et alors là….

Prix du lecteur intégré : 3000 € (05/2026)
Prix du Drive seul : 2400 €






































