Écoute et impressions :
Les tests d’écoutes ont été effectués en milieu domestique en deux temps avec les éléments suivants :
Première configuration
• Enceintes acoustiques ELIPSON Prestige Facet II 8 B
• Câbles HP ESPRIT Beta 8G
• Câbles d’alimentation : barrette ESPRIT Volta, câbles secteur ESPRIT Alpha, Celesta & Eterna
Seconde configuration
• Lecteur CD YBA Classic Player 2 en mode drive
• Enceintes acoustiques PE LEON Kantor et RECITAL Audio Mutine Hefa EX
• Casque d’écoute AUDIO-TECHNICA ATH-A2000Z
• Câbles de modulation ESPRIT Beta 8G, YBA Glass, VAN DEN HUL the Orchid
• Câble numérique coaxial ESPRIT Eterna
• Câbles HP ESPRIT Beta 8G
Pour l’alimentation secteur : barrette FURUTECH F-TP 615, câble secteur de tête FURUTECH G-314Ag-18E et prise murale FT-SWS-G de la même marque. Câble secteur SIGNAL PROJECT Lynx, ESPRIT Celesta & Eterna.

RECITAL Audio Mutine Hefa EX – MARANTZ Model 60n :
un bel exemple d’harmonie
• CD sélectionnés & extraits dématérialisés Qobuz : Prodiges ~ Camille Berthollet – Jazz på svenska ~ Jan Johansson – The Glory that was Gershwin / Frank Chacksfield plays Irving Berlin – La leçon de piano – thème principal du film ~ Michael Nyman – The Last of the Mohicans ~ Trevor Jones B.O. du film – Vivaldi and Friends ~ Jeannette Sorrell – Danses Slaves – Antonín Dvořák ~ Minneapolis Symphony Orchestra – Direction : Antal Dorati – édition Mercury Living Présence – Fellini’s Amarcord ~ Nino Rota – Indiscretion ~ The Curious Bards – Les Égarés ~ Ballaké Sissoko, Vincent Segal, Emile Parisien, Vincent Peirani – Ouverture de Ainsi parlait Zarathoustra ~ Richard Strauss – Meedle ~ PinkFloyd – Quiet Nights ~ Diana Krall – Rive Droite – Rive Gauche ~ Swing Band meets Daniel Huck (Edition Passavant Music) – La Folia de la Spagna ~ Gregorio Paniagua – Barry Lindon ~ bande originale du film – Prodiges ~ Camille Berthollet – Naim CD test Sampler N°6 – Sonates Kk 87 de Domenico Scarlatti ~ clavecin : Trevor Pinnock – Dance into Eternity ~ Omar Faruk Tekbilek – Yehudi Menuhin & Stéphane Grappelli plays Gerschwin, Berlin, Porter, Rogers, Hart and others – Les Marquises ~ Jacques Brel, etc…
Philosophie musicale & esthétique sonore
Registre aigu
• Prodiges ~ Camille Berthollet (CD et extraits dématérialisés)
Pour un produit « courant » MARANTZ, je trouve que l’amplificateur connecté Model 60n ne sonne pas si mal, notamment en mode Streamer. Bien sûr, la philosophie propre à la marque demeure. Il s’avère même que le gain en finesse sur le haut du spectre prend du galon en comparaison avec l’amplificateur intégré Model 50n. Cela démontre à minima que les sections Dac et Streamer ont été sérieusement alaborées.
Je peux lui reconnaître une belle carté sur le haut du spectre procurée par le violon soliste de Camille Berthollet. Il n’est pas pour autant question d’agresser l’auditeur; MARANTZ se fait un point d’honneur à cultiver sa bonne douceur légendaire. La qualité finale va aussi dépendre du choix des enceintes acoustiques mises en perspective. Le bénéfice n’est pas négligeable, même s’il serait presque déraisonnable d’aller jusqu’à des enceintes Pierre-Etienne LEON pour tirer le meilleur parti de cet amplificateur. En tout cas le gap entre les enceintes ELIPSON Prestige Facet II 8 B est largement validé. Avec les enceintes RECITAL Audio Mutine Hefa EX, on s’assure d’un juste équilibre et globalement d’une musicalité plutôt « fournie » en informations de tous genres.
En terme de détourage des instruments, une étape a été franchie, là où avec le modèle 50n les notes avaient tendance à « sombrer » dans une sorte de brouillard naissant.
S’agissant des harmoniques, j’aurais souhaité une plus grande liberté de manœuvre dans la mesure où l’extinction des notes est légèrement « abrégée ».
Registre médium & transparence
• Quiet Nights ~ Diana Krall (CD et extraits dématérialisés)
Le Model 60n privilégie aussi les fréquences médium et la reproduction des voix – en l’occurrence celle de Diana Krall – leur va comme un gant. L’aspect humain, chaleureux et finalement délicieux ne fait pas l’ombre d’un doute. N’attendez pas non plus, le « grand soir ». La reproduction vocale est onctueuse sans pour autant être sirupeuse. Celle-ci se distingue par une pureté et une texture sensuelle immédiatement remarquée. Il en résulte des couleurs chatoyantes que d’aucuns apprécieront à n’en pas douter.
La petite orchestration qui accompagne l’artiste campe en bonne place. Nous arrivons à distinguer une grande partie de son contenu. Sans pointer les subtiles détails qui portent sur les frets de guitare, le contact du ballet sur la caisse claire, les petites coups de cymbale, en passant par les nappes de violons, plus discrets à mon sens, nous n’aurons pas à nous plaindre d’un manquement qui viendrait ternir le plaisir de l’écoute. En revanche, la transparence qui apporte généralement un supplément d’informations n’est pas totalement au rendez-vous. Mais, ça passe tout de même bien !
Enfin le jeu de piano, affiche une ferveur plus qu’acceptable et même assez distinguée où chaque note s’égrène avec un bon délié.
Registre grave
• Extraits de jazz – jeux de contrebasse (CD et extraits dématérialisés)
Comme avec le Model 50 et plus généralement, beaucoup d’amplificateurs intégrés signés MARANTZ avant lui, le Model 60n suscite de la curiosité, voir des interrogations. Loin de descendre à niveaux très bas, les notes de contrebasses, bien que nettes et précises, accusent une « pseudo » surépaisseur cultivée par le constructeur depuis des décennies. C’est à dire un faux grave qui donne le sentiment de descendre profondément alors qu’il est en définitive partiellement amputé des octaves les plus basses.
Le plus curieux est son changement de comportement au fur et à mesure que l’on monte le volume sonore. L’agilité y perd en efficacité, comme si l’amplificateur manquait de souffle. De facto, la fermeté s’amoindrit partiellement, faisant resurgir un comportement plus ou moins « empâté ». J’en conclus que l’assise et la stabilité sont à placer au passif de cet amplificateur pourtant prometteur. Inutile de solliciter le correcteur de grave qui agit que la plage ± 10 dB à 50 Hz. Il fera plus de mal que de bien, en gonflant artificiellement les fréquences graves.
Cela dit, différents extraits de jazz nous démontrent une ligne de contrebasse relativement bien définie. La lisibilité ainsi que le pincement des cordes est plus que correct – ce qui constitue tout de même un lot de consolation non dépourvu d’intérêt.
Capacités de réaction – dynamique – rigueur
• Meedle ~ Pink Floyd (CD et extraits dématérialisés)
C’est sans surprises, que nous retrouvons une dynamique assez voisine de celle du Model 50. Plutôt positionné dans la fourchette moyennement haute en matière de réactivité, avec Meedle de Pink Floyd, cet amplificateur connecté est loin de faire exploser le plafond. On l’appréciera pourtant pour ses capacités dynamiques et sa rigueur sur les charges compliquées desquelles il se sort pas si mal.
Pas de formes de distorsion lors des grands écarts de dynamiques – c’est plutôt positif – quelles que soient les enceintes acoustiques mises en œuvre. C’est davantage la notion de docilité qui a retenu mon attention sur ce répertoire pas toujours aisé pour des produits de début de gamme. Je n’ai pas relevé d’effets de compression marquants ou de limites subjectives lorsque la musique « explose ». Le Model 60n n’est ni anémique ni d’une rapidité foudroyante. La franchise sur les riffs de guitare électrique, les coups de batterie et de cymbales est globalement satisfaisante.
Scène sonore – spatialisation
• Danses Slaves – Antonín Dvořák ~ Minneapolis Symphony Orchestra – Direction : Antal Dorati – édition Mercury Living Présence
Ceux qui attachent une importance à « l’enveloppe » musicale devraient y trouver leur compte. Le Model 60n n’est pas « pingre » en ce qui concerne la spatialisation. L’amplificateur est largement en capacité de « digérer » une grande orchestration. La mise en scène est suffisamment holographique pour s’ajuster avec le Minneapolis Symphony Orchestra. Le choix des enceintes acoustiques et câbles HP contribuera à asseoir et confirmer cette générosité, sans toutefois tomber dans des « délires » à plusieurs milliers d’euros.
De mémoire, nous sommes à peu près sur un calibre semblable à celui observé en son temps avec le Model 50n. L’étagement des plans n’est pas mauvais du tout. Chaque plan adopte un positionnement en adéquation avec la prise de son et le positionnement des musiciens dans le studio. On observe une bonne répartition dans l’espace des différents pupitres, notamment en hauteur. La largeur de scène sonore favorise un message aéré. Les effets stéréo sont correctement répartis entre les canaux et le centre de la scène sonore.
On sera moins regardant sur la profondeur de champ plus limitée qu’avec un amplificateur intégré de catégorie supérieure. Toutes choses égales par ailleurs, l’étagement des plans est correctement structuré. Ceci augure un positionnement des pupitres permettant de distinguer assez bien chacun d’eux et des reliefs convenablement marqués pour être convaincants.
Séquence plaisir d’écoute – émotion – sens de l’expression
• Les Marquises ~ Jacques Brel (CD et extraits dématérialisés)
Vous savez quoi ? bien mis en œuvre, le Model 60n a quelques billes dans sa musette, pour vous donner envie d’écouter de la musique. Je ne dis pas qu’il va vous procurer le frisson d’émotion ultime, cependant il va tenter de s’en approcher pour vous assurer de beaux moment de joie et de satisfaction.
L’écoute attentive de Marquises m’a même un peu surpris par son message poétique clairement énoncé. La voix de Jacques Brel est reproduite avec une force de conviction décelable. L’amplificateur contribue à donner du sens à la formulation vocale et plus généralement à l’ensemble de la prestation artistique. La beauté de cette voix gutturale se matérialise par une restitution naturelle. En relevant légèrement le niveau sonore, nous avons une impression de partage avec l’interprète fondée sur la présence non dissimulée de l’artiste dans la pièce d’écoute, notamment en mode streaming.
La restitution est équilibrée, ni froide ni chaleureuse. De fait la petite formation orchestrale donne une « tonalité » qui accompagne bien la section vocale. On peut toutefois regretter qu’elle reste à mon goût en retrait, sans être totalement absente. Nous y entendons les nappes de violons « voguer » sur les vagues d’une mélodie harmonieuse où quelques notes de harpes, de hautbois et de guitare se partagent les « substance » qui font la différence avec des électroniques qui ne chantent pas du tout !
• La leçon de piano – thème principal du film ~ Michael Nyman
J’ai la nette conviction que cet amplificateur connecté est principalement « taillé » pour des musiques pas trop chargées en intensité. Les meilleurs résultats ont été obtenus avec des petites formations classiques, lyriques, jazz et baroques. Je dirais qu’il est moins à l’aise avec des formations orchestrales de forte teneur énergétique. La musique rock, métal etc…, ce n’est pas forcément son truc non plus.
Et pourtant lorsqu’il s’agit de faire « vibrer » les instruments et transmettre leurs vibrations à l’auditeur, le Model 60n ne figure pas au abonnés absents. Ici, le thème principal joué au seul piano et « drapé » par une toile de violons aux accents soyeux apporte un sentiment d’évasion et de pureté « auditive » loin d’être négligeable. D’autant que la fluidité, non évoquée jusqu’ici, fait partie des qualités que l’on se doit de reconnaître à ce MARANTZ.
La tonalité monocorde, remarquée lors du premier essai avec les enceintes ELIPSON s’efface au profit d’une musicalité plus « travaillée », plus nuancée, plus « introspective » qu’il n’y paraît.
Entrée phono MM & Sortie casque
Au cours de ce test, je n’ai pas souhaité m’étendre sur l’entrée phono MM ni sur la sortie casque qui sont identiques à celle installées sur le Model 50 dont vous pourrez lire ou relire mon analyse ICI. En d’autres termes, si on peut admettre l’association avec une platine vinyle de début de gamme en complément des autres fonctionnalités, et que l’on est pas trop exigeant, l’entrée phono remplira correctement son office, sans plus.
La sortie casque, quant à elle, se montre toujours aussi anecdotique. Pour ceux qui souhaitent se concentrer sur l’écoute au casque, la sortie pré-out est prévue, entre autres, pour relier un amplificateur pour casque.
Entrée coaxiale & section Dac

La puce ESS Sabre implantée sur la carte Dac n’est pas la plus sophistiquée du moment. Cependant, lorsque l’on relie un lecteur CD tel que l’YBA Classic Player en mode simple Drive, nous sommes assurés que le traitement des informations numériques s’effectue dans de bonnes conditions. Aussi, il sera ainsi suggéré d’associer un drive CD à la mécanique bien conçue pour tirer une bonne substance de vos précieuses « gravures irisées », sans pour autant opérer le choix d’une machine à plusieurs millier d’euros.
A ceux qui se posent la question d’évaluer la qualité de la reproduction entre les données issues et lues par un drive CD et la section Dac / Streamer, je répondrai que la différence est quasiment inaudible.
En revanche, ce qui est plus surprenant, c’est une qualité de reproduction accrue lorsque l’on connecte le lecteur CD en mode intégré à l’une des entrées Ligne haut niveau.
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Conclusion :
Loin d’être l’amplificateur connecté du siècle, le Model 60n est pourvu d’une section Dac / Streamer qui le place en bonne position pour proposer une musicalité, qui finalement, ne manque de rien.
Loin de rivaliser avec les ténors du moment, voir même avec système séparé entre amplificateur intégré et Dac / lecteur Réseau, pour son prix, ce « combiné » a quelques arguments à faire valoir.

Prix : 1600 € (06/2026)





































