Ecoute et impressions :
Les tests d’écoutes ont été effectués à domicile avec les éléments suivants :
– Lecteur CD YBA Classic Player 2 en mode intégré & drive seul
– Platine vinyle THORENS TD 166 Mk2 & cellule REGA MM Elys2
– Enceintes acoustiques PE LEON Kantor & QUATTRO Anniversaire
– Casque d’écoute AUDIO-TECHNICA ATH-A2000Z
– Câbles de modulation PURIST Audio Design Aqueous RCA & YBA Glass
– Câble numérique coaxial ESPRIT Eterna
– Câbles HP ESPRIT Aura & Beta 8G 2019
Pour l’alimentation secteur : filtre secteur LAB12 Gordian & cable de tête Knack Mk2, barrettes FURUTECH F-TP 615 et ESPRIT Volta, câble secteur de tête FURUTECH G-314Ag-18E et prise murale FT-SWS-G de la même marque. Câbles secteur ESPRIT Celesta & Eterna.
• Albums CD & dématérialisés sélectionnés : Les Géants du Jazz jouent Georges Brassens – La leçon de piano – thème principal du film ~ Michael Nyman – Rossini-Respighi – « La Boutique Fantasque » ~ Direction : Antal Dorati – Les Égarés ~ Ballaké Sissoko, Vincent Segal, Emile Parisien, Vincent Peirani – Beatles go Baroque ~ Peter Breiner – Ouverture de Ainsi parlait Zarathoustra ~ Richard Strauss – Meedle ~ PinkFloyd – Quiet Nights ~ Diana Krall – La Folia de la Spagna ~ Gregorio Paniagua – Barry Lindon ~ bande originale du film – Dance into Eternity ~ Omar Faruk Tekbilek – Les Marquises ~ Jacques Brel – Collaboration ~ The Modern Jazz Quartet with Laurindo Almeida – Indiscretion ~ The Curious Bards – The Incomparable Jérôme Kern ~ Frank Chacksfield Orchestra & Chorus – Jazz på svenska ~ Jan Johansson – Fellini’s Amarcord ~ Nino Rota – Schéhérazade – Rimsky–Korsakov ~ Direction : Charles Dutoit – Les choses de la vie / cinéma II ~ Gauthier Capuçon, etc…
• Vinyles sélectionnés : The Secret of Climbing ~ Stephen Fearing – Two Pianos in Hollywood ~ Ronnie Aldrich & London Festival Orchestra – Barry Lyndon ~ bande originale du film Vivaldi – Concertos pour guitare & mandoline ~ Direction : Paul Kuentz – Gershwin & sa musique ~ Frank Chacksfield – Soul Bossa Nova ~ Quincy Jones – Ted Heath Salutes Benny Goodman – Nameless & Stay Tuned ~ Dominique Fils-Aimé – La Folia de la Spagna ~ Gregorio Paniagua – Barry Lyndon ~ bande originale du film – La découverte ou l’ignorance ~ Tri Yann – Concertos Brandebourgeois N° 1,2,3 de Jean-Sébastien Bach ~ The English Chamber Orchestra – Direction Benjamen Britten – Workshop & Down Home ~ Chet Atkins – Shadow Hunter ~ Davy Spillane – A mémorial for Glenn Miller : the original members – « Jalousie » ~ Yehudi Menuhin et Stéphane Grappelli – Toccata et Fugue de Jean-Sébastien Bach interprétée aux grandes orgues par Marie-Claire Alain – Quiet Nights ~ Diana Krall, etc…
Nature des timbres
Registre aigu & médium
• Les Géants du Jazz jouent Georges Brassens
C’est une reproduction « croustillante » et douce que nous propose cet amplificateur dont l’étage de sortie fonctionne en Classe D.
N’étant pas un grand partisan de la Classe D, je dois reconnaître que la solution « fait recette ». Certains amplificateurs de la concurrence ont parfois tendance à « simplifier » le signal et ou à raboter artificiellement certaines fréquences moyennes / hautes. Ici le constructeur a certes misé sur des modules Hypex, mais autours de ces modules, nous sentons bien que l’amplificateur contourne bien les inconvénients d’une Classe D mal utilisée.
Aussi, le Musikbook n’a pas son pareil pour monter dans les fréquences aigües avec tout ce que cela comporte. Les cuivres, notamment la trompète bouchée, ainsi que le violon soliste sont reproduits avec un lustrage d’une magnifique authenticité. Nous pouvons allègrement pousser le volume sonore : pas une once d’agressivité ne vient entacher le plaisir de l’écoute. A l’inverse si l’on écoute à des niveaux bas, le contenu ne perd aucune substance au point de tendre l’oreille.
La maîtrise technologique de LINDEMANN démontre que l’amplificateur délivre une sonorité linéaire sur tout la bande passante audible. L’intégralité des informations contenues sur cet album est clairement mise à la lumière du jour. Ce « petit objet » ne cède en rien aux nombreux détails qui viennent égayer les phrases musicales. Depuis le xylophone en passant par les accords de guitares, les coups de cymbales, les accords de guitare, quelques bruits d’ambiance, cet amplificateur met l’accent sur la transparence du message sonore. Et cela aboutit un message fort bien documenté.
Contrairement à d’autres amplificateurs fonctionnant en Classe D et même en Classe AB, j’ai pu relever l’excellent détourage des instruments et des voix. Cela donne davantage de crédit à l’authenticité musicale.
Il n’est pas inutile de mentionner que la précision et la justesse des timbres dans le haut et le milieu du spectre s’apprécie sur l’ensemble des entrées et sources utilisées pour ce banc d’essai, ainsi que sur la sortie casque dont il sera question dans les paragraphes qui suivront.
Focus sur les vocaux – fluidité
• Les Marquises ~ Jacques Brel
Compte tenu de l’excellente approche avec la qualité des timbres, notamment dans le registre aigu, il me paraissait intéressant d’analyser en profondeur le registre médium à travers des albums comportant un contenu vocal soliste.
Plusieurs albums se sont succédé et j’ai retenu les Marquises de Jacques Brel. Avec un tempérament proche d’une philosophie musicale de type analogique, le Combo LINDEMANN « prend le sujet très au sérieux » pour le grand plaisir d’un auditeur en quête de justesse des timbres de la voix. L’amplificateur contribue à donner un peu plus de poésie et davantage de sens à la formulation vocale. Cet amplificateur met bien en avant la voix de l’auteur – compositeur – interprète. On y décèle une chaleur humaine et une diction parfaitement reproduite. Le style Brel s’invite dans la pièce d’écoute, avec une foule de nuances que l’on peut apprécier sans restriction. La beauté de cette voix gutturale traduit une restitution naturelle. L’authenticité se matérialise aussi par une absence quasi totale de sifflantes sur les « S ».
La présence du « personnage » devant et à proximité l’auditeur établit un véritable lien. Musicbook Combo est un magnifique « outil de communication » musical qui permet d’entrer facilement dans le répertoire des artistes qui ont un sens de l’expression poussé.
Si le phrasé est de haute tenue, l’orchestration l’accompagne de manière harmonieuse dans une « atmosphère » d’une excellente fluidité. Cela incite à écouter les différents thèmes de manière attentive et détendue.
Registre grave
• Ainsi parlait Zarathoustra : Richard Strauss ~ Lorin Maazel & l’Orchestre Philharmonique de Vienne
Une des meilleures surprises de ce banc d’essai (elle n’est pas la seule) est le registre grave. On se réjouira de sa profondeur, et, également, de sa facilité à explorer les soubassements avec une facilité déconcertante. De surcroît, le grave s’affranchit de tout phénomène de surépaisseur faisant croire à un bas du spectre artificiellement généreux.
L’écoute de Ainsi parlait Zarathoustra s’illustre le préambule et le final aux grandes orgues. Les « nappes » d’orgue ont le volume l’intensité et la profondeur attenduse. Pour ma part, je n’y ai pas trouvé de limites subjectives et cela me convient bien.
Si les notes les plus basses trouvent leurs « marques » avec les grandes orgues, on ne restera pas non plus sur sa faim avec les percussions qui ponctuent l’Introduction de cette œuvre signée Richard Strauss. Elles délivrent une sonorité à la fois pleine, bien matérialisée, avec un poids qui correspond à donner du volume à la reproduction. L’impact des marteaux sur la peau des timbales est divine, mais jamais « vulgaire », trop ronde ou omniprésente. Il se dégage une belle puissance d’ensemble permettant de savourer pleinement cette interprétation prestigieuse.
• Jazz på svenska ~ Jan Johansson
Dans la foulée, je fus impatient de poursuivre mon analyse avec Jazz på svenska de Jan Johansson où la contrebasse prend une place aux côtés du piano.
Conformément à la sonorité qui caractérise la contrebasse, le « pas est feutré », mais ne manque absolument pas d’aplomb, ni de défintion. Le suivi mélodique est impeccablement reproduit. Aucune boursoufflure ne vient modifier la texture des notes les plus graves. L’instrument n’est pas omniprésent : il affiche une enveloppe étonnante au point de croire à sa présence physique dans l’espace d’écoute. Les plus érudits d’entre nous remarqueront aussi une assise et une stabilité qui renforce l’aspect « décomplexé » si je suis dire. L’amplificateur travaille en « bonne intelligence » à dégraisser le bas du spectre, ce qui a pour conséquence d’entendre clairement les vibrations de chaque corde. De fait, les facultés d’analyse poussent le détail jusqu’à percevoir le doigté de l’instrumentiste lorsqu’il pince délicatement les cordes et plaque ses accords.
Au piano, Jan Johansson nous fait profiter de son art à faire « chanter la partition ». Les notes les plus profondes sont révélées avec une belle franchise, et un contrôle qui ne porte aucun préjudice à leur verve. Décidément, dans les bas du spectre ce Combo se montre d’une parfaite exemplarité.
Capacités de réaction – dynamique – rigueur
• Collaboration ~ The Modern Jazz Quartet with Laurindo Almeida
Dans les situations complexes, cet amplificateur se montre assez vif et suffisamment dynamique pour contrer et s’adapter aux difficultés rencontrées sur les extraits Valéria et One Note Samba qui figurent sur l’album Collaboration du The Modern Jazz Quartet with Laurindo Almeida.
Même si les capacités de réaction ne sont pas celles d’amplificateurs de catégories supérieures, elles n’ont rien à envier à celles de certains amplificateurs intégrés plus « classiques ». D’ailleurs, à écouter attentivement, je me suis vite rendu compte que le Musicbook privilégie la souplesse. On le constate notamment sur le jeu de vibraphone où l’amplificateur suit la ligne mélodique ainsi que les changements de tonalités et d’intensité avec une agilité sans équivoque. Pas de distorsions, encore moins d’hésitation pour affronter cet instrument qui ne cesse de varier au fur et à mesure du déroulement de la phrase musicale.
L’écoute est totalement dépourvue de toute forme de stress. Ce Combo ne fonctionne pas à « marche forcée », il est rapide juste ce qu’il faut. Les sons s’enchaînent spontanément, démontrant une flexibilité remarquable. Le comportement du piano et de la contrebasse reflètent de sérieuses capacités à réagir vite et bien. Là, où d’autres amplificateurs ont un peu tendance à simplifier le message musical face à certaines contraintes, ce « combo » aux multiples talents montre une énergie suffisante pour donner à la musique toute l’expressivité qui convient lorsque les évènements l’imposent.
De toutes les manières, l’amplificateur ne se montre jamais brutal ou trop démonstratif – ce qui, en définitive, est un point plutôt positif. A l’inverse, ne le croyez pas timide pour autant.
Scène sonore
• Rossini-Respighi – « La Boutique Fantasque » ~ Direction : Antal Dorati
Parmi les innombrables bonnes surprises qu’amène ce Combo, nous y trouveront une scène sonore d’une grande ampleur. Celle-ci est inversement proportionnelle à la taille du coffret de l’appareil.
Par ailleurs, bien que la présentation holographique soit affirmée, la musique ne déborde absolument du cadres des enceintes acoustiques. Les effets stéréophoniques proposés par ces enregistrements Decca Phase 4 sont reproduits avec un « volume » impressionnant et une organisation méthodique des différents plans. Chaque groupe d’instrument prend une place bien définie.
Selon le positionnement des enceintes acoustiques, nous sommes assez proches d’une configuration sonore qui tend vers une « couverture » à 180°. Cela nous permet de « visualiser » les différents intervenants et leur implantation dans le studio d’enregistrement.
Si l’on prend en considération ces différentes compositions, incluant la Danza de Rossini, qui illustrent cette « Boutique Fantasque« , nous nous apercevons que l’expansion de la scène sonore s’effectue sans aucune forme de confinement. Les montées en puissance trouvent aisément leurs marques.
Au fil des heures d’écoute, nous nous rendons vite compte que Musicbook Combo affiche un message musical bien contrasté : les différents groupe d’instruments sont particulièrement bien positionnés et respectueux de ceux imposés par la prise de son.
Autre constat qui a aussi toute son importance : c’est la représentation « scénique » très aérée. Il y a beaucoup d’air entre les musiciens. Cela conduit à une reproduction d’ensemble ou individuelle totalement libre dans ses mouvements. De plus, sur les charges complexes, les plus infimes interventions d’instruments solistes émergent clairement de la masse orchestrale. Cela les rend bien plus audibles : inutile de pousser le volume sonore.
Séquence plaisir d’écoute – émotion – sens de l’expression
• La leçon de piano – thème principal du film ~ Michael Nyman
Les albums se succèdent avec un plaisir non dissimulé. L’appareil répond pleinement à des normes d’exigence musicale élevées. Je dirais même qu’il arrive à vous immerger au cœur des œuvres musicales que vous affectionnez.
Pour ma part, le thème principal de la BO du film La Leçon de Piano fut une véritable révélation. Grâce à cet amplificateur, nous entrons dans un répertoire sensé illustrer les images et entrer dans l’histoire d’un film. Bien que le thème soit joué au seul piano « drapé » par une toile de violons aux accents soyeux, la musique adopte un format qui incite à vous évader. Si on prête un peu plus d’attention, on s’aperçoit que la partition est plus colorée qu’il n’y paraît. Cela est dû au jeu méticuleux du compositeur / interprète qui arrive à faire chanter son instrument d’une main de maitre, repris par ce Combo et son extraordinaire sens du brio. Très souvent, ce thème est délivré avec une tonalité assez monocorde. Musicbook réalise la prouesse d’une musicalité qui est loin d’être « livide ». Elle se veut « prenante », charnelle et communicative.
• Les Égarés ~ Ballaké Sissoko, Vincent Segal, Emile Parisien, Vincent Peirani
Si la musique de Ballaké Sissoko, Vincent Segal, Emile Parisien et Vincent Peirani vous prend par les sentiments, l’aboutissement ne pourra s’opérer qu’avec un amplificateur en capacité de véhiculer les « petites » touches de micro détails indispensables pour vous procurer ce frisson de bonheur. Il apparaît que l’amplificateur LINDEMANN est « taillé » pour « toucher » l’auditeur. Il est aussi nécessaire que l’enregistrement et le mixage soient excellents, sans parler des sources, qu’elles soient analogiques ou numériques. Pour cet exercice, il se trouve que toutes les planètes sont alignées. Si l’on met de côté les sources périphériques (platine vinyle, lecteur CD) et que l’on privilégie le support dématérialisé, nous sommes certains de toucher au but.
Avec l’album Les Égarés, j’ai trouvé que le degré de résolution allait vraiment très loin. La conception des circuits de Streaming et de conversion N/A « travaillent en bonne intelligence » de façon à reproduire les micro particules. Le message fort bien documenté dévoile une sonorité de la kora à « tomber littéralement par terre ». Il y règne dans la pièce d’écoute des saveurs épicées, juste comme il faut. Le grain de l’instrument et la résonance de chaque corde engendrent des effets magiques et oh ! combien naturels, voir même confondants.
• Nameless ~ Dominique Fils-Aimé
Quel que soit le support utilisé – numérique ou vinyle – Dominique Fils-Aimé, « parrainé » par le Combo LINDEMANN sauront vous prendre par la main pour vous faire découvrir le répertoire d’une artiste de talent. Artiste et électronique « chantent » à l’unisson pour procurer une joie mémorable, notamment pour tout ce qui a trait à la beauté des timbres de la voix.
L’émotion intense est procurée par la pureté du message et un « silence de fonctionnement » qui ne vient jamais troubler le plaisir de l’écoute. Il touche indubitablement tout audiophile en recherche de grandes sensations. Globalement, la tonalité sonore est chatoyante : elle retient l’attention par son phrasé réaliste, une diction claire, une chaleur humaine qui fait plaisir à entendre. Le « dialogue » entre l’artiste est l’auditeur s’établit instantanément; de fait la sensation d’avoir Dominique Fils Aimé présente dans la pièce d’écoute n’est nullement le fruit de mon imagination, il est avéré !
Le voix n’est pas l’unique contributeur à rendre la reproduction attrayante. La contrebasse adopte une posture somptueuse. Sa sonorité franche, précise est déliée est d’une belle densité. Elle apporte une dose supplémentaire à la « grandeur » de chaque extrait musical. Chaque note est examinée avec soin, au point de pouvoir suivre les moindres faits et gestes de l’instrumentiste. Je pense notamment au pincé de chaque corde.
Entrée coaxiale & section Dac
La présence d’une entrée numérique coaxiale S/PDIF et d’une entrée optique offrent la possibilité « d’attaquer » directement la section Dac munie des deux puces AKM précitées complétées par un circuit d’horloge interne performant.
Au passage, il serait dommage d’opter pour un Drive « exotique ». L’excellent lecteur CREEK 4040 CD, passé au banc d’essai dans ces pages, sera un bon choix, d’autant que son concepteur le préconise pour assurer cette fonction – même s’il peut être utilisé en mode totalement intégré.
Pour ce test, c’est le lecteur YBA Classic Payer 2 en mode Drive qui s’est plié à cette « épreuve ». La comparaison avec le même lecteur en mode intégré démontre que la différence est relativement infime. Cela nous conforte sur la section Dac intégré à l’amplificateur.
Les résultats musicaux sont de même acabit que ceux obtenus à partir des plateformes de Streaming en ligne et des CD conventionnels. Une excellente image, des timbres fruités, la fameuse extension de la scène sonore sont totalement conformes aux critères décrits dans les paragraphes précédents.
Plus généralement, il n’y avait pas de raisons pour qu’une quelconque « défaillance » ne survienne. Pour garantir un traitement optimal des signaux en provenance d’un Drive, il sera opportun d’opter pour un câble numérique performant.
Entrée / interface USB-A
Cet amplificateur étant pourvu d’une entrée USB-A, il était bien tentant de la tester. Comme le mentionne le constructeur, vous pouvez connecter un lecteur de CD-ROM et Musikbook Combo prend tout en charge automatiquement.
Sa petite télécommande livrée d’origine accède aux fonctions principales : start / pause, plage suivante, plage précédente et même l’éjection du CD. L’afficheur indique le numéro de plage et le temps écoulé.
L’utilisation Plug and Play (PnP) est très pratique, même si l’initialisation du disque requiert tout de même 30 secondes – temps non imputable à l’amplificateur.
Nous obtenons une reproduction qui « tient la route ». Soyons honnêtes, les résultats obtenus ne sont peut-être pas aussi poussés que ceux à l’aide d’un drive spécifique, d’un lecteur CD intégré ou celle d’un support dématérialisé tiré d’une plateforme de Streaming en ligne. Il faut bien avoir en tête qu’il s’agit d’une solution « d’appoint », qui permettra néanmoins d’écouter de la musique dans de bonnes conditions.
Nous retrouverons sensiblement les « grands traits musicaux » décrits dans les paragraphes précédents. La couleur des timbres est équilibrée. La transparence générale est plus que correcte. La spatialisation ainsi que la rapidité font aussi partie des bonnes nouvelles prouvant que LINDEMAN n’a rien laissé au hasard sur le plan conceptuel.
Section phono MM
Il faut avoir à l’esprit que LINDEMANN est loin d’être un novice en matière de pré-amplification phono. L’entrée phono embarquée s’inspire en partie de celle du modèle Limettree Phono II. Elle est cependant moins complète que celle de ce dernier dans la mesure où seules les cellules phono à aimant mobile sont admises.
Les essais réalisés avec la platine THORENS TD 166 Mk2 gréée d’une cellule REGA Elys2 câblée QED Qnext1 donnent des résultats que je trouve assez inattendus. Cette entrée phono ne relève pas de l’anecdote ou d’une quelconque coquetterie. On peut l’exploiter pour tirer un bon « profit » des précieuses galettes vinyles.
Les différents disques vinyles démontrent une « stabilité » du message sonore. De plus, l’aspect matérialisé des bons pressages reflète parfaitement la philosophie du « son vinyle ». Cela se remarque, par exemple, sur le jeu de contrebasse, sur les percussions et sur les vocaux.
La Toccata et Fugue en Ré Mineur de Jean-Sébastien Bach interprétée aux grandes orgues par Marie-Claire Alain m’a également laissé un excellent souvenir. Toute la magie de cette succulente interprétation est fort bien retranscrite. Si l’orgue se montre grandiose, toutes proportions gardées, l’amplificateur ne « gonfle » jamais artificiellement le message sonore. Il laisse les notes s’écouler naturellement et spontanément sans jamais forcer le trait. La section phono « creuse le sillon » dans la juste limite des performances de la cellule et de la platine. L’air qui s’échappe des tuyaux, tels que les tuttis jusqu’au souffle le plus faible, donnent à l’orgue une belle prestance. Celle-ci insuffle de grandes bouffées d’oxygène d’une exquise fraîcheur.
Sortie casque
Dans la plupart des cas, les prises casque qui ornent les façades des amplificateurs intégrés n’ont qu’une valeur que je qualifie de « symbolique ». Elles sont présentes pour assurer un « service de proximité » ponctuel.
LINDEMANN a vu la question sous un angle un peu différent. Visiblement, la prise casque au standard jack 6,35 est reliée à un module spécifique, sur lequel, le constructeur ne donne pas d’indications techniques. On s’en remettra simplement à l’écoute.
Cette sortie accepte des transducteurs d’une impédance comprise entre 16 et 200 Ω. Ce qui laisse la possibilité d’avoir accès à une gamme assez étendue de casques. Sur ce point, il n’est pas rédhibitoire de choisir un casque d’une qualité « significative » pour une écoute intime. L’AUDIO-TECHNICA ATH-A2000Z correspond parfaitement au cahier des charges.
L’écoute se traduit par une proximité non dissimulée avec les artistes, leurs instruments et voix respectives. La répartition dans l’espace des groupes d’instruments, instruments solistes et vocaux est bien agencée. Elle correspond à celle obtenue avec les enceintes acoustiques. Le sentiment d’aération est validé. La réponse subjective en fréquences est étendue. A la clef : un registre aigu qui file haut, un grave qui descend profondément et un médium qui laisse une large place à la transparence et au grain particulier de certains instruments de musique.
Autre bonne surprise : la quasi absence de « pression acoustique » sur les oreilles. Ce signe distinctif contribue à l’aération du flux musical et au gain de confort acoustique. Cela a pour conséquence d’enchaîner et de prolonger les écoutes dans un « climat » détendu.
Conclusion :
Le monde de la Haute-Fidélité du 21ème siècle étant ce qu’il est, nous pouvons comprendre que le grand public s’intéresse de plus en plus à des électroniques de format restreint, dotées de fonctionnalités étendues, qui soient « connectées » et surtout musicales.
LINDEMANN a parfaitement intégré cette demande. Il a ainsi réalisé Musicbook Combo : un amplificateur intégré – Dac – Streamer qui inclut une entrée phono et une sortie casque de qualité.
Aussi, ce combo dévoile son éloquence sur bien des paramètres objectifs et subjectifs. Analyse du contenu musical, étendue du spectre sonore, réactivité, beauté des timbres sont ses principaux atouts. Il réussit, là où beaucoup de concurrents peinent à émouvoir l’auditeur.
Prix : 4 295 € (03/2025)