Écoute et impressions :
Les tests d’écoutes ont été effectués à domicile avec les éléments suivants :
• Lecteur CD YBA Classic Player 2 – utilisation en mode intégré et drive
• Platine vinyle THORENS TD 166 Mk2 & cellule REGA MM Elys2
• Enceintes acoustiques PE LEON Kantor & RECITAL AUDIO Mutine
• Câbles de modulation YBA Glass, ESPRIT AURA
• Câble numérique ESPRIT Eterna
• Câbles HP ESPRIT AURA
Alimentation secteur : barrette FURUTECH F-TP 615, câble secteur de tête FURUTECH G-314Ag-18E et prise murale FT-SWS-G de la même marque. Câbles secteur ESPRIT Celesta & Eterna.
• CD sélectionnés & extraits dématérialisés Qobuz : Sonate Kk 87 ~ Domenico Scarlatti ~ clavecin : Trevor Pinnock – Quiet Nights ~ Diana Krall – The Wall – Another Brick in the Wall, Part 2 ~ Pink Floyd – Ainsi parlait Zarathoustra : Richard Strauss ~ Lorin Maazel – Jazz Instrumental ~ New York Lounge Quartet – « Movin’ » ~ The Quiet Nights Orchestra – Balalaïkas Favorites ~ Osipov State Russian Folk Orchestra – Renaissance de la harpe celtique ~ Alan Stivell – Suite Symphonique Opus 60 « Lieutenant Kijé » – Sergey Prokofiev ~ Direction : Yuri Simonov & The Royal Philharmonic Orchestra – Time Out ~ The Dave Brubeck Quartet – The Glory that was Gershwin / Frank Chacksfield plays Irving Berlin – The Last of the Mohicans ~ Trevor Jones B.O. du film – Vivaldi and Friends ~ Jeannette Sorrell – Dance into Eternity ~ Omar Faruk Tekbilek – Yehudi Menuhin & Stéphane Grappelli plays Gerschwin, Berlin, Porter, Rogers, Hart and others – La Folia de la Spagna ~ Gregorio Paniagua – Barry Lindon ~ bande originale du film – Jazz på svenska ~ Jan Johansson – ndiscretion ~ The Curious Bards – Les Égarés ~ Ballaké Sissoko, Vincent Segal, Emile Parisien, Vincent Peirani, etc…
• Vinyles sélectionnés : The Secret of Climbing ~ Stephen Fearing – Barry Lyndon ~ bande originale du film – Vivaldi – Concertos pour guitare & mandoline ~ Direction : Paul Kuentz – Gershwin & sa musique ~ Frank Chacksfield – Ted Heath Salutes Benny Goodman – Nameless & Stay Tuned ~ Dominique Fils-Aimé – La Folia de la Spagna ~ Gregorio Paniagua – Barry Lyndon ~ bande originale du film – La découverte ou l’ignorance ~ Tri Yann – Concertos Brandebourgeois N° 1,2,3 de Jean-Sébastien Bach ~ The English Chamber Orchestra – Direction Benjamen Britten – Workshop & Down Home ~ Chet Atkins – Shadow Hunter ~ Davy Spillane – A mémorial for Glenn Miller : the original members – « Jalousie » ~ Yehudi Menuhin et Stéphane Grappelli – The Complete ~ Mike Oldfield – Le Vaisseau de Pierre ~ Tri Yann – Toccata et Fugue de Jean-Sébastien Bach interprétée aux grandes orgues par Marie-Claire Alain – Quiet Nights ~ Diana Krall, etc…
Nature des timbres
Registre aigu & transparence
• Sonate Kk 87 ~ Domenico Scarlatti ~ clavecin : Trevor Pinnock
Oh là, là, que ça démarre fort avec la Sonate Kk87 de Domineco Scarlatti interprétée au seul clavecin par Trevor Pinnock. Instantanément, cet amplificateur nous « met dans le bain ». Il n’a pas son pareil pour « décortiquer » la plus petite nuance du clavecin et la transformer en un feu d’artifice.
Le clavecin réussit à lui seul à illuminer votre pièce d’écoute et, disons-le, votre cœur. Son secret : le registre aigu. Celui-ci file à des valeurs stratosphériques tout en préservant la nature des timbres. Le clavecin n’est pas forcément l’instrument du quel émanent des sonorités qui montent le plus haut. Mais, la richesse sur ce registre se fonde également sur les harmoniques et les micro sonorités qui, elles, s’éteignent progressivement dans le temps et l’espace. Un bon amplificateur sait parfaitement gérer ce genre de « situation. Chez ROKSAN, l’équipe de recherche et développement a parfaitement compris le sujet et remporte haut la main ce challenge.
Si les fréquences aigües sont aptes à creuser le fond du sillon, elles ne sont pas pour autant insistantes ou surlignées. L’appareil jouant également la carte de l’équilibre et de la neutralité, inévitablement, certains enregistrements un peu trop « sur-vitaminés » dans les hautes fréquences feront moins preuve de douceur. Cette remarque s’applique également à bien d’autres amplificateurs à vocation neutre.
Apte à traiter le haut du spectre avec, à la fois, circonspection et minutie, la transparence se montre cristalline. Les capacités analytiques du Caspian 4G se traduisent par une excellente définition. Le message est particulièrement bien documenté. De fait, les moindres inflexions et bruits inhérents au mécanisme du clavecin sont audibles. De plus, les notes sont parfaitement détourées. Aucun flou ou approximation n’ont été relevées. Le message est franc, net et précis. Aussi, ce n’est pas uniquement une page classique pour clavecin qui nous est proposée, mais carrément une fresque musicale où chaque nuance, chaque couleur a un sens précis. De surcroît, on perçoit aussi aisément la façon dont Trevor Pinnock exerce son art sur l’instrument avec des touches tantôt prononcées, tantôt plus légères. Tout cela aboutit à une reproduction pétillante d’un effet irrésistible.
Registre médium & fluidité
• Quiet Nights ~ Diana Krall
Comme tout amplificateur Britannique qui se respecte, la part belle revient aussi au registre médium. A titre personnel, je trouve cet album Quiet Nights absolument délicieux à bien des égards.
Le « consonance » analogique très proche de celle d’un disque vinyle donne énormément de « peps » à cette suite de titres consacrés à un répertoire Latino-Américain. J’irais même jusqu’à dire que la reproduction en mode dématérialisée est supérieure à celle de la version vinyle. La reproduction vocale est chaleureuse sans pour autant être sirupeuse. Celle-ci se distingue par une pureté et une texture sensuelle immédiatement remarquée. Celle-ci s’illustre par une pureté et une texture sensuelle.
Rien à redire, la diction est articulée, les reprises de souffle audibles. Nous ne pourrons pas passer à côté de l’éloquence, du phrasé et de cette texture suave qui, assurément, donne une once de panache supplémentaire à cette prestation signée Diana Krall.
De surcroît, l’amplificateur assure une linéarité entre toutes les gammes de fréquences, à commencer par la transition entre les fréquences aigües et intermédiaires. Ceci a notamment pour conséquence de bien remettre en perspective la petite orchestration qui accompagne l’artiste, et d’en déceler toutes les subtilités sans toutefois prendre le dessus sur la voix, et vice versa. A tout dire, je me suis tout délecté à en percevoir tout le contenu. Il est prodigieux de goûter aux frets de guitare acoustique, au contact du ballet sur la caisse claire, aux petites coups de cymbale, aux nappes de violons, si légères et pourtant bien présentes. Les notes de piano s’égrènent avec un magnifique délié démontrant que la fluidité est un facteur déterminant pour assurer une écoute détendue et remplie de bonne surprises.
Registre grave
• The Wall – Another Brick in the Wall, Part 2 ~ Pink Floyd
Si l’on souhaite obtenir un « beau » grave, vous pourrez accorder les yeux fermé votre confiance à cet amplificateur qui ne rechigne jamais à aller flirter avec les fréquences les plus profondes. Le répertoire de Pink Floyd foisonne d’extraits où Roger Waters n’hésite pas à jouer sur des « tons » parfois « décapants » et profonds. Another Brick in the Wall – Part 2 en est un exemple parmi d’autres. Ici encore, l’alimentation fait son œuvre en fournissant des basses propres, lisibles, sans pour autant qu’elles soient artificiellement « gonflées » ou déformées. Qu’il s’agisse d’une écoute à faible niveau ou au contraire à niveau élevé, les basses sont articulées et surtout totalement démunies de distorsion. Le suivi mélodique est excellent, précis excluant toute forme d’approximation.
Dans la même veine, la sonorité de la grosse caisse de la batterie concoure à donner du poids à cette plage musicale. L’impact du marteau sur la peau souligne la verve et la réserve en énergie de l’appareil.
• Ainsi parlait Zarathoustra : Richard Strauss ~ Lorin Maazel
L’Ouverture de Ainsi parlait Zarathoustra de Richard Strauss dirigée par Lorin Maazel nous conforte sur cette facilité à aller chercher et tutoyer les fréquences les plus abyssales.
L’orgue qui introduit et clos cette Ouverture flamboyante est d’une « puissance » de feu. Je peux affirmer qu’il va chercher les fréquences les plus abyssales sans l’ombre d’une hésitation. Sa « nappe » laisse, de surcroît, apparaître ce que j’en attends habituellement : les micro nuances produites par la vibration des tuyaux de l’orgue.
Il faut également relever que le volume de l’orchestration ne prend pas pour autant le dessus sur cette ces note d’orgue. L’amplificateur traite le signal de façon à obtenir un contraste entre le son le plus profond de l’orgue, en contre-bas, et l’orchestre.
Pour couronner le tout et donner du brio à l’ensemble, les coups de timbales qui ponctuent la partition se matérialisent par une sonorité organique et charnue. Nous ressentons la vibration des peaux de tambours lors de l’impact du marteau lorsque ce dernier vient les percuter.
Quel que soit le répertoire choisi, on en déduit que l’amplificateur n’a pas son pareil pour conserver une assise imperturbable dans le bas du spectre.
Capacités de réaction – dynamique – rigueur
• Jazz Instrumental ~ New York Lounge Quartet
• « Movin’ » ~ The Quiet Nights Orchestra
Ni mou, ni ultra rapide, le ROKSAN Caspian 4G est dans la bonne moyenne des amplificateurs de sa catégorie. A bien prêter l’oreille, c’est le côté musclé qui va prédominer; et pour cause : son impressionnante alimentation garantit une force et une rectitude sans précédent.
Les thèmes du New York Lounge Quartet sont abordés avec une agilité enthousiasmante. Les capacités de réaction s’opèrent au quart de tour, laissant à ce style de musique une image diablement pétillante. Outre les cuivres et la rythmique, le plus impressionnant est l’accompagnement à la contrebasse qui affiche le côté « athlétique » de cette électronique super entraînée à affronter certains « coups tordus » imposés par des enregistrements vigoureux.
C’est aussi, avec cet album Movin’ qu’il sera possible d’observer les capacités à réagir et nous conforter sur son excellente réserve d’énergie. Pas forcément autoritaire ou démonstratif, Caspian 4G fait preuve de discernement. Sa réponse impulsionnelle est incontestable. Plus que tout, ce produit d’Outre-Manche travaille avec une rigueur avérée.
La rythmique est d’une franchise infaillible : son tempo est réglé au cordeau, sans qu’aucune confusion et autre forme d’hésitation ne viennent perturber le bon déroulement de la musique. On sent, que le CASPIAN en a sous le capot et que sa « puissance » est réservée au grand écart de dynamique qu’il dompte avec une souplesse phénoménale. Les extraits les plus complexes sont impeccablement contrôlés. Ceci permet de profiter pleinement du contenu musical sans, par ailleurs, redouter une forme d’agressivité à « haut régime ».
Scène sonore – spatialisation
• Balalaïkas Favorites ~ Osipov State Russian Folk Orchestra
Absolument splendide ! il est indéniable que la configuration intégralement double mono et symétrique fait ici recette. Peu importe le niveau d’intensité d’écoute souhaité par l’utilisateur, cet amplificateur délivre une scène sonore d’une ampleur qui n’a rien à envier à des électroniques parfois de gamme et de tarifs plus conséquents.
Nous aurons droit à une reproduction étoffée, ample, dépourvue de toute contrainte. Balalaïkas Favorites par Osipov State Russian Folk Orchestra nous invite à déguster la musique avec ferveur. La scène sonore est superbement panoramique tant en largeur qu’en hauteur. La profondeur de champ nous permet également de distinguer les instruments de premier plan de ceux de second ou troisième plan. Justement l’étagement démontre une présentation des plans très structuré illustrés par des reliefs bien marqués.
Résolument orienté vers un sens de l’ouverture, dans tous les domaines, Caspian 4G est à la pointe de ce qui se fait de mieux en matière d’aération. Il est à la hauteur de la prise de son en studio effectuée en son temps par Mercury Living Présence. Si la séparation des canaux s’appuie par la générosité de l’étage de puissance, le milieu de la scène sonore est tout aussi bien documenté. Nous percevons clairement l’emplacement des musiciens à gauche, au centre et à droite et plus généralement l’agencement au sein du studio d’enregistrement. Cela permet de cibler au centimètre près leur emplacement, et ça, c’est génial !
Séquence plaisir d’écoute – émotion – sens de l’expression
• Renaissance de la harpe celtique ~ Alan Stivell
Tout au long de ce parcours de cinq semaines en compagnie de cet amplificateur, je me suis aperçu que le degré d’expression était élevé. Toutefois, cette électronique travaille avec une sorte de bon sens. Si la musique est d’un dynamisme échevelé, il vous le sera savoir. Si, à l’inverse, la musique est plus douce ou plus calme, il ne « matraquera » pas le message musical, et ne le « gonflera » pas davantage comme peuvent le faire certains amplificateurs un peu trop extravertis.
En définitive, cet amplificateur « œuvre » tout en nuance. Cette caractéristique nous fait découvrir un répertoire où chaque subtilité a son importance. C’est notamment le cas de l’album instrumental d’Alan Stivell : Renaissance de la Harpe Celtique. Les thèmes d’origine celtique sont magnifiés par un jeu de harpe inimitable. Par cette écoute, ce n’est pas uniquement Alan Stivell qui m’a fait redécouvrir la beauté de l’instrument, mais aussi l’amplificateur Caspian 4G.
Celui-ci agit comme un microscope où chaque fibre qui compose la sonorité de l’instrument est à la portée de l’auditeur. Le perlé et l’effleurement des mains sur les cordes est absolument divin. Chaque intonation produit une sorte de fusion avec l’auditeur à lui en donner la chair de poule. La fine texture apporte une dose de frisson qui ne peut laisser personne indifférent; qu’il s’agisse de la sonorité de l’instrument ou du répertoire abordé. Le côté présentiel de l’artiste et de sa harpe est tout bonnement bluffant. Si l’artiste s’applique à donner une âme à la musique qu’il affectionne et « cultive » depuis 60 ans, à l’évidence le Caspian 4G s’en fait le relai sans retenue.
• Suite Symphonique Opus 60 « Lieutenant Kijé » – Sergey Prokofiev ~ Direction : Yuri Simonov & The Royal Philharmonic Orchestra
Selon les passages, cette Suite Symphonique Opus 60 « Lieutenant Kijé » adopte une « posture » de nature soit ténébreuse soit romantique. Si cela est le message adressé par Sergey Prokofiev, il est immédiatement pris en compte par l’amplificateur. Celui-ci vous le restituera sans modifier la philosophie du compositeur ni celle de Yuri Simonov chargé de diriger le The Royal Philharmonic Orchestra en respectant à la lettre l’esprit d’ensemble.
L’écoute est réellement prenante : l’amplificateur a ce don de vous plonger au cœur de l’œuvre. Il pointe précisément ce qui fait le charme de certains passages. Les plus attentifs repèreront un début de partition en sol mineur qui s’inscrit comme tonique de l’accord, et donne le ton dominant à l’ensemble de la composition. Tous les amplificateurs ne sont pas en mesure de mettre l’accent sur ce type d’intonation. Dans ce test, c’est instantanément repérable grâce au contraste qu’il existe entre le jeu des contrebasses et la ligne mélodique des violoncelles en passant par l’ensemble vibrant du groupe d’altos et violons qui viennent en superposition.
L’aspect harmonieux est révélé par les discrètes interventions du basson et de la flûte traversière qui s’opposent et se mêlent tour à tour et finissent par de donner des nuances mélodiques absolument édifiantes venant enrichir la partition. Qu’il s’agisse de la version vinyle ou dématérialisée, il faut reconnaitre que l’interprétation et la prise de son sont impeccablement réalisées. Mais que seraient-elles sans un amplificateur capable de retranscrire fidèlement le contenu d’une telle prestation. Le Caspian 4G vous fera, à coup sûr, frémir de bonheur parce qu’il met le doigt sur de tels détails et nuances, probablement souhaitées par le compositeur.
• Time Out ~ The Dave Brubeck Quartet
Pas de doutes possibles, cet amplificateur rassemble absolument toutes les qualités pour établir un contact entre le Quartet de Dave Brubeck et l’amateur de jazz. La prise de son analogique datant de 1959 n’a pas pris une ride. Dès lors, l’amplificateur se concentre à la fois sur chaque instrument et sur l’harmonie générale où chaque instrument a son importance. Chacun d’eux est scruté minutieusement et retranscrit avec un réalisme inégalé. De plus, nous ressentons très bien cette « expérimentation » de signatures rythmiques inhabituelles dans le jazz.
Chaque passage apporte son lot d’excellentes surprises, avec une sonorité « vraie » et par définition naturelle. L’exemple typique est celle du saxophone dont nous pouvons « palper » les innombrables « gradations » tonales émises par son musicien. Celui-ci arrive à obtenir des sons en s’amusant astucieusement avec le bec de l’instrument qui s’accomplissent par un réalisme extraordinaire. Sur Take Five, le solo de batterie, ses coups de cymbale, ainsi que les attaques sur la caisse claire sont absolument étonnants.
Cette séquence valide une reproduction épurée, sans voile, naturelle et sans « additifs » destinés à édulcorer le message sonore.
Et puis, comme tout amplificateur d’origine Britannique, la texture fruitée des timbres apporte une dose de satisfaction supplémentaire par sa musicalité aux couleurs étendues, vives, flamboyantes et « pigmentées ». C’est aussi pour cette raison que le plaisir d’écoute est inaltérable.
Entrée phono MM
Étant, par ailleurs, un spécialiste des platines vinyles, il eut été étonnant d’avoir des déconvenues avec la section phono. Il est juste dommage que ROKSAN n’ait pas été jusqu’au bout de la démarche en proposant une section MC.
Pour cet exercice, c’est la platine THORENS TD 166 Mk2 gréée d’une cellule MM REGA Elys2, câblée QED Q Performance 1 qui se sont prêtées au jeu du test. Le module phono intégré est bien loin d’être anecdotique. Il joue parfaitement son rôle, dans la juste limite des prestations de la platine et de sa cellule.
Pour ceux qui tiennent à avoir une écoute vinyle de qualité supérieure à la moyenne des modules intégrés dans les amplificateurs de début / milieu de gamme, ils seront ravis d’apprendre qu’il n’est nullement requis de faire l’acquisition d’un préamplificateur séparé – sauf si le choix de la cellule se porte sur un modèle à bobine mobile.
La magie du vinyle prend la forme d’une écoute fluide – c’est le minimum vital. Ensuite, il est confirmé que la « bande passante » est fort bien étendue de la fréquence la plus basse à celle la plus élevée. Le point fort réside sur une transparence conforme à celle décrite dans les paragraphes supérieurs. Aucun effet de brouillard ne vient masquer les petites subtilités qui assurent ce côté savoureux propre au disque vinyle.
La qualité de reproduction « prend sa source » par un silence de fonctionnement autours des instruments et voix.
Les voix sont charnelles, les jeux de contrebasses « consistants » et bien définis. Les cuivres et cordes sont « lissés », excluant toute trace d’agressivité.
La dynamique et la rapidité d’exécution sont dans la lignée de celles obtenues en écoute streaming et CD. Nous retrouvons la franchise d’exécution, des attaques nettes, précises, sans bavures. Le Caspian 4G va droit au but et n’hésite pas à s’exprimer à haute et intelligible voix sans rechigner
Autre point remarquable : l’amplitude de la scène sonore. Celle-ci est identique à celle d’une écoute à partir de sources numériques. Elle se déploie avec une facilité singulière aux antipodes d’une représentation confinée. L’excellente aération entre les différents instruments ou groupes d’instruments ou encore les voix est encore un point à verser à l’actif de cette « machine ». Chacun d’eux trouve une place bien déterminée. L’étagement des plans reflète une organisation structurée, méritant d’être soulignée.
Entrée coaxiale & section Dac
Enfin, la technologie DAC Rapture met en évidence une prise en charge des signaux numériques particulièrement efficace, donnant naissance à une reproduction épurée et riche en informations incluant un comportement micro dynamique finement dosé.
La connexion sur l’entrée coaxiale S/PDIF du lecteur YBA CD Classic PLayer en mode drive donne envie de réécouter les CD. Il arrive même que la différence avec le streaming ne soit pas décelable. Cela nous enseigne que l’exploitation de la seule section Dac est à la hauteur des autres sections qui composent cette électronique. Nous pourrons compter sur lui pour tirer pleinement profit des fichiers haute résolution codés en 24 bits / 192 kHz.
Conclusion :
Assez peu plébiscité par les médias traditionnels – c’est regrettable – l’amplificateur connecté ROKSAN Caspian 4G est une belle découverte. Bien pensé, remarquablement construit, cette version Streaming fait de lui un amplificateur connecté de « haute facture musicale ». Il ne faut pas hésiter à lui associer des enceintes acoustiques de haute valeur ajoutée et expressives.

Sa joie de vivre est incarnée par la qualité de ses timbres, sa finesse, sa transparence cristalline, et sa dynamique imperturbable. De plus, sa scène sonore d’une ampleur étonnante est immersive. Tous ces critères convergent vers un seul point : une émotion musicale hors pair. Un produit hautement recommandable.

Prix : 4500 € (04/2026)








































