Écoute et impressions :
Les tests d’écoutes ont été effectués à domicile avec les éléments suivants :
– Lecteur CD YBA Classic Player 2 – utilisation en mode intégré et drive
– Platine vinyle REGA RP 8 & cellule REGA MC Ania
– Enceintes acoustiques PE LEON Kantor & RECITAL AUDIO Mutine
– Casque d’écoute AUDIO-TECHNICA ATH-A2000Z
– Câbles de modulation YBA Glass, ESPRIT AURA
– Câble numérique coaxial ESPRIT Eterna
– Câbles HP ESPRIT AURA, YBA Diamond
Pour l’alimentation secteur : filtre secteur LAB12 Gordian & cable de tête Knack Mk2, barrettes FURUTECH F-TP 615 et ESPRIT Volta, câble secteur de tête FURUTECH G-314Ag-18E et prise murale FT-SWS-G de la même marque. Câbles secteur ESPRIT Celesta & Eterna, LAB 12 Knack Mk2 & AC1.
• CD sélectionnés & extraits dématérialisés : Jazz på svenska ~ Jan Johansson – The Glory that was Gershwin / Frank Chacksfield plays Irving Berlin – Beatles go Baroque ~ Peter Breiner – Midwinter Night’s Dream & A Moveable Musical Feast ~ Loreena McKennitt – The Last of the Mohicans ~ Trevor Jones B.O. du film – Vivaldi and Friends ~ Jeannette Sorrell – Tri Yann – la tradition symphonique avec l’Orchestre National des Pays de la Loire Vol.1 & Vol.2 ~ Direction d’orchestre : Hubert Soudant – Fellini’s Amarcord ~ Nino Rota – Indiscretion ~ The Curious Bards – Les Égarés ~ Ballaké Sissoko, Vincent Segal, Emile Parisien, Vincent Peirani – Suite Symphonique Opus 60 « Lieutenant Kijé » – Sergey Prokofiev ~ Direction : Yuri Simonov & The Royal Philharmonic Orchestra – Ouverture de Ainsi parlait Zarathoustra ~ Richard Strauss – Meedle ~ PinkFloyd – Quiet Nights ~ Diana Krall – Rive Droite – Rive Gauche ~ Swing Band meets Daniel Huck (Edition Passavant Music) – La Folia de la Spagna ~ Gregorio Paniagua – Barry Lindon ~ bande originale du film – Symphonies N° 5 – 7 – 9 – Ludwig Van Beethoven ~ Rudolf Kempe & Orchestre Philharmonique de Münich – Edition Esoteric – Prodiges ~ Camille Berthollet – Naim CD test Sampler N°6 – Sonates Kk 87 de Domenico Scarlatti ~ piano : Mikhail Pletnev – Dance into Eternity ~ Omar Faruk Tekbilek – Yehudi Menuhin & Stéphane Grappelli plays Gerschwin, Berlin, Porter, Rogers, Hart and others – Toccata & Fugue – Jean-Sébastien Bach ~ transcription et direction d’orchestre : Léopold Stokowski – Les Marquises ~ Jacques Brel – Collaboration ~ The Modern Jazz Quartet with Laurindo Almeida, etc…
• Vinyles sélectionnés : The Secret of Climbing ~ Stephen Fearing – Barry Lyndon ~ bande originale du film – Vivaldi – Concertos pour guitare & mandoline ~ Direction : Paul Kuentz – Gershwin & sa musique ~ Frank Chacksfield – Ted Heath Salutes Benny Goodman – Nameless & Stay Tuned ~ Dominique Fils-Aimé – La Folia de la Spagna ~ Gregorio Paniagua – Barry Lyndon ~ bande originale du film – La découverte ou l’ignorance ~ Tri Yann – Concertos Brandebourgeois N° 1,2,3 de Jean-Sébastien Bach ~ The English Chamber Orchestra – Direction Benjamen Britten – Workshop & Down Home ~ Chet Atkins – Shadow Hunter ~ Davy Spillane – A mémorial for Glenn Miller : the original members – « Jalousie » ~ Yehudi Menuhin et Stéphane Grappelli – The Complete ~ Mike Oldfield – Le Vaisseau de Pierre ~ Tri Yann – Toccata et Fugue de Jean-Sébastien Bach interprétée aux grandes orgues par Marie-Claire Alain – Quiet Nights ~ Diana Krall, etc…

Nature des timbres
Registre aigu & transparence
• Symphonie des Jouets – Léopold Mozart ~ direction : Jean-François Paillard (CD)
• Symphonie des Jouets, Promenade en traineau – Léopold Mozart ~ direction : Sir Neville Marriner (CD)
La « Grande Musique » dans toute sa splendeur ! c’est ainsi que, d’entrée de jeu, je définirai cette nouvelle mouture MOON. En plus, cet amplificateur hérite de la philosophie musicale propre au constructeur, à commencer par une excellente neutralité. Cela permet de mettre en évidence chaque gamme de fréquences sans la surligner pour autant.
Comme tous les produits MOON, le Compass 371 se singularise par un registre aigu qui file éminemment haut. Selon les instruments, il « décolle » et analyse sans la moindre inflexion chaque fréquence haute à sa juste mesure. De surcroît, l’électronique préserve en tous points la douceur générale. Oubliez toute forme de stress ou de distorsion. Cette première mouture Compass diffuse des sons riches en « micro particules » de tous ordres requises par la Symphonie des Jouets de Léopold Mozart. Les percussions à « multiplicité variable » garnissent cette tapisserie musicale pour constituer un véritable feu d’artifice. Les autres instruments s’en donnent aussi à cœur joie pour « animer » votre espace d’écoute avec un magnifique discernement et un détourage reproduit au cordeau.
A travers cette sucrerie musicale et la Promenade en traineau du même compositeur, nous sommes pris par l’enthousiasme que procure l’amplificateur. Nous assistons à un florilège de tonalités qui émergent d’un peu tous les endroits, sans jamais se confondre. Sur cette Promenade en traîneau, ce sont aussi les percussions et autres bruissements qui sont à l’honneur. Sans qu’ils soient omniprésents, ils crépitent et teintent avec une délicatesse sans précédent. L’équilibre général laisse ainsi une place privilégiée à la douce sonorité de la flûte baroque et aux interventions du clavecin.
Chaque instrument est habillement différencié sans qu’aucun amalgame ne vienne troubler le bon ordre du déroulement de la partition, notamment dans le haut du spectre. Aussi, nous bénéficions d’une transparence cristalline et une texture fruitée absolument exquise.
En marge de cette sublime « librairie musicale », le constructeur Canadien s’est attaché à travailler sur la « gestion » des harmoniques. Le résultat est sans appel : des fins de phrases qui s’éteignent majestueusement, progressivement dans le temps et l’espace, rendant l’écoute encore plus harmonieuse. Ici, les œuvres de Léopold Mozart prennent réellement des allures « bouillonnantes » aux couleurs étincelantes.
Aucune aridité ne vient entacher le plaisir de l’écoute. A aucun moment je n’ai jamais décelé de variations des pigments même sur les instants déchaînés et phrases complexes.
Registre médium & fluidité
• Quiet Nights ~ Diana Krall (CD, vinyle & dématérialisé)
Étant de nature linéaire, mon « compagnon de route » du jour assure une transition absolument parfaite entre les hautes fréquences et les fréquences intermédiaires. Aucun creux, pas davantage de bosses ne sont à craindre, sous condition que les câbles et les enceintes acoustiques soient parfaitement appairées d’une part et d’une neutralité reconnue.
Pour cet exercice, c’est la prestation de Diana Krall qui sera scrutée à la loupe. Quitte à faire les choses correctement, le registre médium a été appréhendé avec tous les supports : vinyle, CD et dématérialisé. D’entrée de jeu, le Compass 371 n’a pas son pareil pour reproduire sincèrement la voix de l’artiste. Celle-ci se distingue par une pureté et une texture sensuelle immédiatement remarquées. Il sera donc impossible de rester insensible au charme de cette voix suave, de sa diction, et ses reprises de souffle. Le phrasé est soigneusement « travaillé. Il émane de cette écoute une chaleur humaine au réalisme confondant. De plus, la présence physique de Diana Krall dans votre espace d’écoute est d’un réaliste renversant. Le résultats du travail mené par l’équipe de recherche et développement MOON sur les étages de sortie et de l’alimentation conduisent à une musicalité déliée et veloutée.
J’ajoute qu’il n’est pas forcément nécessaire de monter le volume : l’effet est rapidement identifié à niveau d’écoute bas et même très bas.
La petite formation orchestrale qui, dans bien des cas, est reléguée en toile de fond vient judicieusement compléter la prestation vocale. Elle y prend même toute sa place, formant un très beau contraste entre la voix et les différents instruments de musique. Des notes de piano, si légères, au bruissement du ballet sur la peau de la caisse claire, des fins coups de cymbales, en passant par les nappes de violons, on en vient littéralement à savourer les fines nuances produites par ce registre médium aux « contours » harmonieux.
Les facultés d’analyses étant largement validées par mes soins, je ne pourrais pas non plus critiquer la fluidité avec laquelle est diffusé le message musical. Les différentes intonations s’enchaînent avec exceptionnel agilité déconcertante, sans accroc ni hésitation, démontrant la détermination de l’amplificateur et sa philosophie « volontariste ».
Registre grave
• Ainsi parla Zarathoustra : Richard Strauss ~ Lorin Maazel (CD)
Comme, jusqu’ici, cet amplificateur m’a tout l’air d’être bien « disposé », nous allons voir s’il tient ses promesses sur les fondements du registre grave et sa « tenue » générale. En guise d’épreuve, je lui ai tout d’abord soumis « l’indomptable » Ouverture de Ainsi parla Zarathoustra de Richard Strauss.
Le doute n’est pas permis : j’ai retrouvé des points de convergence avec le 600i V2. Cependant, il faut avoir à l’esprit que le Compass 371 a sa propre personnalité.
Le grave descend aux profondeurs attendues, notamment celle de l’orgue qui introduit et achève cette Ouverture. Les soubassements sont explorés avec une facilité étonnante qui renvoient certains concurrents à l’âge de pierre. Les amplificateurs aux caractéristiques plus limitées se contentent de « gonfler » artificiellement les basses fréquences, faisant oublier leurs limites. Dans ce test, aucun rajout ou caricature de ce type n’est venue m’interpeller. Si limites, il devait y avoir, elles proviendraient plutôt de l’une des sources numériques et analogiques, des enceintes ou des câbles.
Le Compass 371 maîtrise parfaitement le sujet. J’en veux pour preuve les nuances produites par la vibration des tuyaux de l’orgue. De plus, cette nappe d’orgue ne se laisse pas pour autant envahir par le flot orchestral lorsque celui-ci se met à monter en régime. Nous percevons toujours clairement en « contre-bas » la note profonde de l’instrument; un phénomène que l’on aimerait obtenir plus souvent.
Par ailleurs, sur cet extrait, les amateurs de grandes sensations verront leur attention retenue par les percussions qui ponctuent la phrase musicale. Celles-ci sont d’une puissance et d’une densité resplendissantes. Les coups de timbales reflètent une sonorité organique et superbement matérialisée. Nous ressentons la vibration des peaux de tambours lors de l’impact du marteau lorsque ce dernier vient les percuter. On en viendrait presque à ressentir la gestuelle du musicien dans ses élans. Cette sensation nouvelle ajoute une crédibilité supplémentaire aux prestations de cet amplificateur, qui ne cesse de surprendre au fil des heures et des jours.
• Extraits de jazz – jeux de contrebasse (vinyles, CD, dématérialisé)
Sur les extraits de jazz, c’est la contrebasse qui est examinée à la loupe. Il est convenu que l’instrument ne descend pas aussi profondément que l’orgue, soit approximativement 40 Hertz. A travers le test précédent, il a été démontré que cet amplificateur n’a aucune peine à descendre à ce niveau, voir à effectuer son excursion à des valeurs inférieures à cette fréquence.
Différents thèmes où « sévissent » la contrebasse prouvent que le Compass 371 maîtrise à la perfection le bas du spectre. J’en veux pour preuve, la souplesse, l’articulation et la consistance qui nous confirment une présentation sonore d’une stabilité à toutes épreuves. Quels que soient les extraits choisis, la contrebasse sonne avec une justesse et une animation absolument « démentielles ». La vibration de chaque corde, reproduite par la table d’harmonie, se matérialise par un phrasé d’une élégance fabuleuse.
La sonorité totalement dégraissée laisse ainsi une large place à la technicité du contrebassiste lorsque celui-ci plaque ses accords ou fait glisser sa main sur le manche de l’instrument et lorsque, par son agile doigté, pince chaque corde. Chaque note est méticuleusement soupesée et se veut d’une densité inattaquable. Quel que soit le niveau d’écoute requis, la source sélectionnée, la restitution reflète cet aspect organique si savoureux.
Le bas du spectre est en permanence toujours bien contrôlé. Aucun dérapage ne vient perturber le « discours » harmonique et la cadence d’exécution.
Scène sonore – spatialisation
• The Glory that was Gershwin / Gershwin & sa musique ~ Frank Chacksfield (CD & vinyle)
Tout au long de cette analyse, je me faisais la réflexion suivante : n’y aurait-il pas une filiation directe entre le Compass 371 et l’amplificateur intégré 600i V2 passé au banc d’essai ICI ?
Bien que la mémoire auditive soit limitée dans le temps, je m’aperçois que sur quelques points, j’ai trouvé des liens de parenté évidents entre ces deux électroniques. Parmi les points communs, la scène sonore est de même « niveau », ou pas très éloignée, de celle de l’amplificateur 600i V2. En tout état de cause, elle est bien plus ample que celle du « tout-en-un » ACE également testé dans ces colonnes ICI, qui pourtant ne déméritait nullement sur ce point.
Le Compass 371 marque une évolution significative en comparaison avec son prédécesseur. Cet album consacré au répertoire Georges Gershwin enregistré et produit par Decca en version Phase 4 symbolise l’étendue de la scène sonore dans les trois dimensions. Peu importe le niveau d’intensité (volume sonore), nous assistons à une reproduction d’un splendide format holographique avec une largeur inouïe. La scène sonore ne déborde pas pour autant du cadre imposé par les enceintes acoustiques. Elle est « monumentale ». Son ampleur remplit confortablement la pièce d’écoute. Contrairement à d’autres amplificateurs qui ont tendance à focaliser les sons sur les canaux gauche et droit laissant une vide au centre de la scène sonore, cet amplificateur sait parfaitement faire la distinction entre le contenu propre à chaque canal et le milieu de la scène sonore.
La version vinyle de cet album n’échappe pas à ce critère distinctif, d’autant que la section phono permet de tirer le meilleur profit de ce pressage. La présentation étoffée de l’ensemble favorise une reproduction terriblement aérée. Cela permet de mieux cerner les instruments solistes, parfois plus discrets, mais qui ont leur importance. Les arpèges de harpe laissent s’échapper les notes éparses qui s’égrènent dans l’espace avec une majestuosité du plus bel effet. Du flot orchestral parfois chargé en informations, j’ai été stupéfait de voir « surgir » distinctement de fins coups de cymbales, des notes de flûtes traversières au tempérament aérien.
Cet amplificateur nous « dresse un plan de table » ordonné où chaque instrument ou groupe d’instruments trouvent une place au millimètre près. Chaque plan est minutieusement étagé. Nous arrivons parfaitement à la faire le distinction entre les instruments de premier plan de ceux de second plan et de troisième plan. De fabuleux contrastes s’apprécient également sur la profondeur de la scène sonore. Cette faculté à privilégier l’espace sonore a pour conséquence de pouvoir immédiatement suivre la ligne mélodique de chaque instrument soliste ou groupes d’instruments.
Par ses facultés à restituer une musique déliée, dénuée de contraintes, cet amplificateur s’adresse aussi aux mélomanes qui pourront se délecter de la façon dont chaque instrumentiste exerce son art.
Capacités de réaction – dynamique – rigueur
• Tri Yann – la tradition symphonique avec l’Orchestre National des Pays de la Loire Vol.1 & Vol.2 ~ Direction d’orchestre : Hubert Soudant (CD)
Plutôt que d’évoquer la « fougue » d’un missile balistique, je classerai plutôt cet amplificateur dans la catégorie des produits à la force tranquille. Qu’est-ce que cela signifie exactement ?
Tout d’abord, le Compass 371 a une forte personnalité déjà évoquée ci-avant. Il reprend l’ADN qui fait le charme des produits de la marque. Loin d’apparaître démesurément démonstratif avec des airs de faux semblants pour faire croire que….., cette dernière mouture signée MOON affiche une force et un brio prodigieux. Cela se remarque sur les extraits les plus « intensifs », les plus complexes qui figurent sur ces deux albums Live de Tri Yann accompagné par l’Orchestre National des Pays de la Loire.
Les accélérations s’effectuent promptement, les montées en puissance de l’orchestre symphonique et des chœurs qui l’accompagnent attestent un répondant irréprochable. Nous sentons que l’amplificateur a des « chevaux sous le capot ». En outre, il travaille en bonne intelligence en conservant le sens de la mesure. Les capacités de réaction sont instantanées y compris lorsque batterie, basse, et guitares électriques s’en mêlent.
Les grands écarts de dynamique sont traités avec une exceptionnelle rigueur. Pas dérapage intempestif : la musique est rythmée, franche, tranchée et énergique lorsque les extraits s’y prêtent.
Autre signe distinctif, cet amplificateur nous gratifie d’une image à la stabilité, de bout en bout, incontestable y compris à niveau d’écoute un peu plus élevé. Nous sentons que le constructeur maîtrise sa technologie d’alimentation et de l’amplification qui est attachée.
Jamais de confusion, de distorsions : le déroulement des phrases musicales s’effectue sans jamais occasionner un doute ou une interrogation, de quelque nature qu’elle soit, de la part de l’auditeur.
Sur ce répertoire riche en évènements, la musique respire et l’expression d’ensemble est tout simplement inaltérable.
Séquence plaisir d’écoute – émotion – sens de l’expression
• La Folia de la Spagna ~ Gregorio Paniagua (CD, vinyle & dématérialisé)
La Folia de la Spagna : voici un beau programme « mis en scène » par Gregorio Paniagua. Lorsque j’évoque la mise en scène, c’est pour signifier que cet amplificateur nous présente l’Atrium De Madrid sous la forme d’une pièce de théâtre où chaque acteur / musicien « s’affirme » avec une présence hallucinante et une distinction particulière. Il est diablement aisé de suivre « l’évolution » musicale ainsi que l’art de chacun des instrumentistes qui la compose.
Pas d’amalgame : nous reconnaissons sans peine la texture des instruments baroques et / classiques, dont le grain est à mettre du côté des points positifs. Les mélomanes reconnaîtront d’un seul coup le thème principal ainsi que les différents contre-chants et contrepoints qui s’apparentent à organisation polyphonique remarquée.
La superposition des différentes lignes mélodiques renforcent l’aspect réaliste de la reproduction d’ensemble. Et ce n’est pas tout : les micros informations qui émanent de ces instruments sont aussi pétillantes qu’un champagne millésimé où chaque bulle raconte une histoire musicale qui procure à l’auditeur une joie et une allégresse permanentes.
• Les Égarés ~ Ballaké Sissoko, Vincent Segal, Emile Parisien, Vincent Peirani (CD & dématérialisé)
Écouter de la musique est une chose, l’apprécier sous tous ses aspects en est finalement une autre. Le Compass 371 n’est pas du genre aguicheur. L’objectif de l’équipe de conception est a été de concevoir un appareil capable de reproduire la musique de la façon la plus proche possible de l’original, sous réserves des modifications et corrections apportées par l’ingénieur du son et des paramètres du lieu de l’enregistrement.
Aussi, il est incontestable que ce MOON est le fil droit qui tisse et maintient un lien étroit et permanent entre les musiciens et l’auditeur. Comme c’est également la philosophie poursuivie par le quatuor Ballaké Sissoko, Vincent Segal, Emile Parisien et Vincent Peirani, il ne sera surprenant d’entrer en contact avec cet univers; savant cocktail de cultures musicales issues d’airs populaires, mélodies traditionnelles d’Afrique ou d’Europe de l’Est et Jazz contemporain.
En sa qualité de guide, le Compass 371 vous prend par la main et les sentiments pour le suivre dans sa quête permanente destinée à vous faire découvrir un univers musical riche en découvertes et sensations émotionnelles – un univers musical qui a une âme.
L’écoute de Esperanza, Izao ou La Chanson de Égarés, pour ne citer que ceux-là est un véritable révélation. La sonorité de la kora (instrument à corde Malien constitué d’une volumineuse demi-calebasse en guise de caisse de résonance et de 21 cordes) est d’une splendeur à couper le souffle. Les notes s’égrènent dans le temps et l’espace avec une « docilité » semblable à celle d’une harpe. Sa sonorité vous fera vibrer comme elle m’a fait vibrer au point de procurer le fameux petit frisson de plaisir. Et pour cause, sa limpidité monte à tel niveau que j’ai eu ce sentiment d’avoir cette kora à portée de mains. Les sonorités se « dispersent » dans le temps et l’espace avec cette légèreté et cette pureté démontrant un pouvoir de résolution poussé à l’extrême.
Cet amplificateur « portraiture » spontanément cette formation orchestrale aux fins d’obtenir des teintes formellement foisonnantes, somptueuses et naturelles.
• Les Marquises ~ Jacques Brel (CD & dématérialisé)
Les albums s’enchaînent, au fil des écoutes on va de découvertes en découvertes même sur des thèmes de que l’on croyait bien connaître.
Cette création signée MOON a un don inné pour mettre l’évènement contenu sur un bon enregistrement en musique. J’irais même jusqu’à dire que le Compass 371 transforme l’écoute en un épisode scénique où le contenu devient le centre de l’attention semblable à la façon qu’a un artiste lorsqu’il se produit sur scène. C’est exactement ce type de perception qui a suscité mon enthousiasme avec les Marquises de Jacques Brel.
Avec Marquises, j’ai passé un moment d’évasion me permettant d’oublier le système audio et même l’analyse du produit. Il faut souligner que l’équilibre entre le vocal et l’orchestration donne beaucoup de sens à la composition et au texte. Le discernement entre les différents types de timbres amène à profiter pleinement de l’intégralité du contenu musical et à s’immerger dans l’univers de l’auteur – compositeur – interprète.
Il règne dans l’espace d’écoute une atmosphère poétique. Elle contribue à créer l’intimité qui lie l’interprète à l’auditeur. On se plait à rêver au son de l’accompagnement orchestral où le flux mélodieux des violons se mêle aux quelques notes de harpe qui viennent vous caresser les oreilles avec une délicatesse fantastique. Le son du hautbois s’invite à son tour : il vient « nourrir » astucieusement la composition à un moment opportun rendant l’écoute émotionnelle.
Lorsque le morceau s’achève, on redescend sur terre et on en conclut que cette rencontre avec le Compass 371 est alors devenue un coup de foudre.
Entrée coaxiale & section Dac

Pourvu de la « plateforme » MiND 2, il paraissait évident que la carte implantée sur ce produit soit de niveau équivalent à celle des autres produits de la marque. Maîtrisant absolument tous les paramètres, la section Dac est au top niveau pour ce qui d’exploiter des signaux provenant d’une source numérique. Ainsi, pour valider ce test, je me suis référé aux essais pratiqués avec le lecteur YBA CD Player Classic 2 exploité en simple « transport ».
L’idée était de pratiquer un comparatif avec des CD lus avec le lecteur en mode intégré via l’entrée Ligne RCA haut niveau et les CD lus avec le lecteur relié à l’entrée S/PDIF. Pour ma part, la section de conversion N/A gréée de puces à deux canaux ESS Sabre ES9039Q2M fait son effet. Le gain est nettement sensible sur divers paramètres. J’ai pu relever une ouverture globale accrue. Celle-ci porte sur l’analyse des signaux. Ceux-ci traduisent une meilleure lisibilité, un détourage plus fin des instruments et des voix. Le convertisseur travaille en profondeur pour extirper de micro informations qui rendent la reproduction plus riche et plus ciselée. De fait, la transparence s’en trouve bonifiée.
Section phono MC
• « Jalousie » ~ Yehudi Menuhin & Stéphane Grappelli
• Nameless ~ Dominique Fils-Aimé
• All Time Favorite Melodies of Japan
• Barry Lyndon ~ bande originale du film

La section phono est entièrement nouvelle. Qui plus elle est conçue pour les cellules MM et MC. C’est dans cette dernière configuration qu’elle a été mise en œuvre.
Ce qui est sensationnelle, c’est avant tout l’absence de bruit de fond autour des instruments et des voix. Cette carte a le pouvoir de « séparer le bon grain de l’ivraie » si je puis dire. Elle laisse de côté un grand nombre d’imperfections pour se recentrer sur le contenu de la gravure. Nameless de Dominique-Fils Aimé en est l’illustration parfaite. L’écoute de cet album, et plus particulièrement, Birds fait partie de ces pressages qualitatifs qui ne laissent ici personne indifférent – en tous cas, pas moi !
Son écoute se transforme en un parcours de bonheur parsemé de découvertes plus belles les unes que les autres. La voix de l’interprète est absolument bouleversante de vérité, enivrante même. Chaque mot, chaque phrase, chaque respiration est « soupesée ». L’écoute laisse transparaître voix naturelle, une texture chaleureuse (mais sans excès) et suave qui dévoilent un phrasé clair et articulé. On ressent immédiatement son aspect « physiologique ».
La section vocale est agrémentée par un jeu de contrebasse profond, et d’une remarquable lisibilité ainsi que quelques percussions bien « amenées ». La ligne mélodique de cette contrebasse est absolument divine et conforme à ce que j’ai décrit ci-avant.
Cette section phono est un véritable fil conducteur entre les interprètes, leurs instruments de musique et l’auditeur. La magie du disque vinyle s’opère instantanément lorsque ces deux grands violonistes que sont Yehudi Menuhin et Stéphane Grappelli nous font leur « numéro d’acrobaties musicales » où leur talent se mêlent et s’opposent tour à tour. Leur style respectif est une véritable « gageure » dans la mesure où les notes s’enchaînent avec une vélocité et une agilité qui en dit beaucoup sur le suivi mélodique.
Bien qu’il ne soit pas strictement réservé à la musique classique, ce « virtuose » n’a pas son pareil pour donner à la Sarabande de Haendel, tirée de la bande originale du film Barry Lyndon, une majestuosité fantastique, d’autant que le pressage vinyle est d’une qualité irréprochable. Comme bien d’autres, cet extrait brille par son côté bouillonnant de réalisme. La musique est captivante ne serait-ce que par la résolution de chaque pupitre qui en dit suffisamment long sur la mise au point de la carte phono.
Sortie casque
Afin d’être le plus complet possible dans ses fonctionnalités, cet amplificateur est muni d’une sortie casque en façade. Cette « fonctionnalité » se présente sous les meilleurs auspices. Celle-ci me rappelle l’analyse que j’en avais faite sur l’amplificateur MOON 340i X. Sans exagérer non plus non plus, cette sortie casque n’atteint pas les prestations des amplificateurs casques totalement dédiés à une écoute intimiste. Toutefois, elle dépasse et de loin, ce que l’on trouve sur un bon nombre d’amplificateurs intégrés concurrents notamment Japonais et Chinois.
En association avec le casque AUDIO-TECHNICA ATH-A2000Z, l’écoute est nourrie par des teintes sonores, en définitive, assez différentes de celles effectuées avec des enceintes acoustiques. Les fréquences aigües sont légèrement plus sèches – toutes proportions gardées – sur les cuivres de certains enregistrements un peu trop aseptisés. Le grave est légèrement plus « contenu » – mais reste dans les normes permises par le(s) casque(s) d’écoute. De toutes les manière, j’ai relevé une excellente cohérence entre les différents registres sur toute la bande de fréquences audibles; c’est bien cela l’essentiel.
Sur le plan subjectif, aucun défaut marquant n’est à mentionner. Il sera possible d’effectuer des écoutes de longue durée, sans fatigue auditive. Nous pouvons être assurés d’une écoute confortable et immersive en toutes circonstances. Le contact avec les interprètes est convaincant. La séparation des canaux est dans la même veine que celle perçue lors des écoutes avec des enceintes acoustiques. Plus généralement, la spatialisation est d’une remarquable ampleur et d’une aération louable. Pas d’effets de compression. L’absence de pression acoustique contribuent grandement à rendre les séances d’écoutes agréables. Bien marqués, les reliefs correspondant à la philosophie musicale d’ensemble de l’amplificateur.
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Conclusion :
En son temps, le modèle « tout-en-un » ACE du même constructeur m’avait beaucoup enthousiasmé. Le temps a passé, les produits ont évolué. Avec la gamme Compass, s’ouvre une nouvelle ère et le modèle 371 l’inaugure en grandes « pompes ».
Avec le Compass 371, vous entrez dans un autre monde musical. Un monde, où il fait bon vivre en musique et avec la musique. Chaque sous-ensemble électronique réuni au sein d’un même châssis suscite une curiosité sans fin et surtout cette envie irrésistible d’écouter de la musique sans modération.


Prix : 6800 € (02/2026)








































