Écoute et impressions :
Les tests d’écoutes ont été effectués à domicile avec les éléments suivants :
– Amplificateur – lecteur réseau MARANTZ Model 60n
– Câbles HP ESPRIT Beta 8G
Pour l’alimentation secteur : barrette ESPRIT Volta, câbles secteur ESPRIT Alpha, Celesta & Eterna.
Des essais complémentaires ont été effectués avec :
– Préamplificateur YBA Classic 3 Delta & bloc de puissance YBA 3 Delta / double transformateur 2 x 400 VA
– Dac – lecteur réseau Moon 280D MiND V2
– Câbles modulation et HP YBA Diamond
• Extraits dématérialisés Qobuz : Vivaldi and Friends ~ Jeannette Sorrell – Quiet Nights ~ Diana Krall – The Wall – Another Brick in the Wall, Part 2 ~ Pink Floyd – Danses Slaves – Antonín Dvořák ~ Minneapolis Symphony Orchestra – Direction : Antal Dorati – édition Mercury Living Présence – Stand Up : Bourrée ~ – Les Égarés ~ Ballaké Sissoko, Vincent Segal, Emile Parisien, Vincent Peirani – Nameless & Stay Tuned ~ Dominique Fils-Aimé – La Folia de la Spagna ~ Gregorio Paniagua – Dance into Eternity ~ Omar Faruk Tekbilek – Les Marquises ~ Jacques Brel, etc…
Nature des timbres
Registre aigu & transparence
• Vivaldi and Friends ~ Jeannette Sorrell
Pour ceux qui connaissent déjà la réputée Planet L et qui l’apprécient, ne retrouveront pas dans la Prestige Facet II 8B le même type de timbres. Les différences portent essentiellement sur les fréquences médium / aigu, ainsi que l’équilibre entre ces deux fréquences.
Certes, cette version remise au goût du jour va un peu plus loin que le modèle original, mais je la trouve un peu « limitée » sur sa façon de retranscrire les hautes fréquences. A travers cet album Vivaldi and Friends par Jeannette Sorrell, j’ai senti que l’enceinte et, peut-être bien aussi l’amplificateur, n’allait pas au fond des choses. Les cordes qui constituent la base de ces interprétations, me semblent un peu « satinées » et ce, au détriment des détails qui font habituellement la richesse de ces interprétations.
Le clavecin, figure normalement en première place, est presque totalement absent. Son éclat, selon les thèmes abordés, est apparu terne et ou relégué au second rang. Le détourage des instruments ne m’est pas totalement apparue en bonne forme non plus. En poussant un peu le volume sonore, j’ai pu discerner quelques détails supplémentaires, sans toutefois pouvoir les « toucher du doigt » – façon de parler.
Ce qui est avéré, c’est le manque de grain que l’on obtient sur les violons et violoncelles avec certaines enceintes acoustiques de la concurrence. Je n’ai pas senti le contact franc de l’archet sur les cordes de l’instrument. La reproduction est d’une belle douceur, c’est validé. Toutefois, cette douceur masque en partie l’aspect flamboyant de ces interprétations pourtant hautes en couleurs, trahissant un manque de saveur à ne pas confondre avec la neutralité !
Registre médium & fluidité
• Quiet Nights ~ Diana Krall
Compte tenu de ce qui précède, on comprend vite que cette enceinte compacte mise davantage sur le médium pour sortir la tête haute de cette analyse. Pour les voix, je n’ai pas de critiques subjectives à formuler. La voix de Diana Krall n’est pas mal reproduite. On y décèle ce côté suave, chaleureux – sans excès, avec un timbrage, je dois dire, assez plaisant. Il résulte de cette douceur un lissage des « S » sur les fin de phrases traduisant une absence de stridence – c’est déjà ça !
Par ailleurs, le message sonore n’est jamais dépourvu de fluidité. Les phrases musicales s’enchaînent avec un bel « écoulement » qui va de pair avec la rapidité évoquée un peu plus loin.
La petite formation orchestrale qui l’accompagne sur l’album Quiet Nights ne prend pas toute la place qu’elle devrait occuper pour former un ensemble homogène. On la devine en toile de fond. Les petits coups de cymbales, le frottement sur la caisse claire de la batterie, la flûte traversière sont présents, sans toutefois « sauter aux oreilles » et retenir l’attention. Pourtant cet album est proposé en Hi-Res 24 bits / 96 kHz.
Registre grave
• The Wall – Another Brick in the Wall, Part 2 ~ Pink Floyd
Les fréquences graves sont en adéquation avec la taille du coffret et celle du transducteur de grave / médium de 17 centimètres. On pourrait même être surpris de ce qu’arrive à extraire et à restituer cette enceinte compacte lors de l’écoute de Another Brick in the Wall, Part 2 dont la guitare basse affiche une bonne profondeur, assortie d’une assise plus que correcte.
Le haut-parleur ne s’affole pas y compris à niveau d’écoute un peu « relevé ». Le bas du spectre est maîtrisé et l’assise ne fait pas défaut. Le bon suivi mélodique laisse aussi présager une précision qui s’ouvre également sur un aspect dégraissé à verser à l’actif de ce modèle.
Toujours est-il que la basse et la grosse caisse de la batterie nous gratifient d’une reproduction charpentée que l’on a plaisir à retrouver sur ce genre de répertoire. En dépit du volume de l’ébénisterie et du haut-parleur de grave / médium de 17 centimètres, je dois admettre que la Prestige Facet II 8B fait presque des prouesses.
Scène sonore – spatialisation
• Danses Slaves – Antonín Dvořák ~ Minneapolis Symphony Orchestra – Direction : Antal Dorati – édition Mercury Living Présence
Cette mouture n’est évidemment pas prévue pour « sonoriser » une salle de bal. Il n’empêche que dans un salon de moyenne dimension – 25 m² pour fixer les idées, cette enceinte compacte s’en tire honorablement. Elle ne pousse pas les murs, mais elle offre une largeur de scène sonore suffisamment étendue pour générer une reproduction non confinée. Nous arrivons à faire la distinction entre les différents pupitres. L’étagement des plans permet de cerner les groupes d’instruments de premier plan de ceux de second rang ainsi que les instruments solistes.
Le concept général de l’ébénisterie ainsi que le traitement / implantation des haut-parleurs donnent le sentiment d’une forme de générosité non négligeable. La hauteur de scène sonore se déploie correctement ne nécessitant pas un positionnement de l’auditeur strictement en face des transducteurs.
La profondeur de champ n’est pas négligeable sous réserve d’éloigner les enceintes des murs arrières. Nous pouvons alors obtenir des contrastes intéressants selon la nature de la prise de sons et le positionnement des enceintes. L’image est suffisamment stable et précise pour donner une bonne « illusion » d’une reproduction cohérente et étoffée.
Capacités de réaction – dynamique – rigueur
• Stand Up : Bourrée ~
Dans la série « Nostalgie » du rock des années 60 / 70, je me suis amusé à exhumer cet album du groupe Britannique Jethro Tull afin d’évaluer les capacités de réaction de la Prestige Facet II 8B. Pour ce test, je me suis appuyé sur l’extrait Bourrée tiré d’un répertoire de musiques baroques et admirablement joué à la flûte traversière par Ian Anderson. L’accompagnement et la rythmique très Rock and Roll donne beaucoup de verve à cette libre interprétation de ce thème traditionnel.
Tout d’abord, par sa sensibilité de 90 dB, cette enceinte est relativement facile à driver. Dès les premiers watts, elle se met à réagir avec brio. Un amplificateur doté d’une alimentation solide aura tôt fait de lui donner la vigueur attendue sans trop pousser le volume sonore.
Vivace et plutôt rapide, cette Prestige Facet ne rechigne pas à emboîter le pas à cette Bourrée magistralement interprétée par Jethro Tull. La « petite » démontre une bonne volonté à « monter dans les tours » sans rechigner. Ces capacités dynamiques sont même étonnantes, d’autant qu’elle travaille avec une rigueur qu’il serait malveillant de critiquer. Aucune trace traînage n’a été relevée, et pas davantage de phénomènes de distorsion. Le flûte traversière est sensible à ce genre de phénomène. Lorsque le couple amplificateur / enceintes est à bout de souffle, on obtient une reproduction qui « vrille » sur les transitoires. Ici, le test est concluant : la rapidité d’exécution est validée.
Séquence plaisir d’écoute – émotion – sens de l’expression
• Les Égarés ~ Ballaké Sissoko, Vincent Segal, Emile Parisien, Vincent Peirani
Parmi les albums qui ont cette faculté de pourvoir « atteindre » l’auditeur, Les Égarés figure en bonne place. Il est pratiquement devenu incontournable dans nos colonnes.
En ce qui concerne la communication avec l’auditeur : il y a « un os ». Cette petite Elipson ne m’a pas convaincu du bien-fondé de ses facultés à susciter de l’émotion chez un audiophile un peu « pointilleux » et sensible au charme de la belle musique. J’ai eu le sentiment que le système Marantz / Elipson instaurait une certaine distance entre les musiciens et l’auditeur. Aussi, j’ai renouvelé l’exercice en associant cette paire d’enceintes au système YBA Classic 3 Delta / Moon 280D MiND V2. Un léger progrès s’est fait ressentir, sans toutefois noter que la nouvelle configuration ne parvienne à me captiver et à défaut de me séduire.
La magnifique sonorité de la kora, (instrument à corde Malien constitué d’une volumineuse demi-calebasse en guise de caisse de résonance et de 21 cordes) est reproduite de manière simplifiée. Les fines notes qui s’échappent habituellement avec une grande pureté restent quelque peu « collées » à l’instrument. Le méticuleux doigté de Ballaké Sissoko n’est pas particulièrement mis en valeur. Les autres instruments qui, de coutume, se différencient de la ligne mélodique principale ne brillent pas vraiment par leur nuance respective.
• Nameless ~ Dominique Fils-Aimé
Sur les extraits où la section vocale est prépondérante, nous obtenons des intonations correctes. Le voix de Dominique Fils-Aimé est chaleureuse, humaine – c’est incontestable. Cependant, elle manque de charisme si je puis m’exprimer ainsi. La texture est naturelle, le sens de l’expression est bon, la diction est pas mal restituée, mais il manque ce « petit truc » qui fait vibrer un auditeur un tantinet sensible à la magie d’une voix enchanteresse.
Les différentes percussions qui mettent du piment à l’interprétation sont clairement audibles, mais ne virevoltent pas devant ou autours de vous. Pour ma part, j’ai senti que ce modèle nous imposait ses limites et, par le fait même, le sentiment d’évasion m’a, pour partien échappé.
En revanche, le jeu de contrebasse m’a semblé de bon ton. Déjà, les dimensions de l’instrument dans le panorama d’écoute sont vraisemblables. Le suivi mélodique est assuré par une bonne définition. La vibration des cordes et de la table d’harmonie sont perceptibles, mais ne relèvent pas du prodige non plus. Il me semble que l’amplificateur – lecteur réseau MARANTZ Model 60n ne constituait pas non plus le vecteur optimal pour véhiculer les moindres micro détails.
Pour se conforter, je peux tout de même signaler que l’on entend assez distinctement le pincement des cordes sur le manche de l’instrument, ainsi que la manière dont le contrebassiste plaque ses accords .
Conclusion :
L’enceinte compacte Prestige Facet II 8B se situe dans un créneau très disputé où beaucoup de constructeurs sont présents et bien ancrés. Pourtant armée pour « jouer franc jeu » avec la musique, cette petite ELIPSON n’a pas réussi à me convaincre. Sa sensibilité de 90 dB ne posera aucun problème d’amplification. Son potentiel dynamique et son registre ne réussissent pas à prendre le pas sur les fréquences aigües / médium qui manquent de richesse.

Prix : 800 € la paire (02/2026)








































